Pont Mathilde et mobilité : notre tribune dans le CREA Mag de janvier 2013

Depuis la fermeture du Pont Mathilde les alternatives au transport routier se multiplient. Nombre d’entre elles
sont préconisées de longue date par les écologistes de la CREA qui défendent une logique globale de
déplacements pour sortir de la dépendance au mode routier. Car c’est possible :

– en développant le ferroviaire et le fluvial pour le transport de marchandises et en déplaçant nos zones
logistiques, desservies uniquement par la route à défaut d’être multimodales, sur les friches industrielles en lien
avec la gare de triage de Sotteville ;
– en renforçant les fréquences, l’amplitude horaire, le maillage des lignes de transport en commun à forte
capacité, pour les déplacements domicile-travail-école ou loisirs ;
– en réalisant un plan ambitieux d’aménagements cyclables, notamment en coeur d’agglomération ;
– en réformant le stationnement, levier du report modal, en renforçant la place du vélo et de la marche qui
doivent être facilités partout ;
– en proposant 5 000 places de parkings P+R le long des lignes structurantes ;
– en créant les liaisons inter-urbaines à l’Est et l’Ouest de l’agglomération (Elbeuf-Barentin et Serqueux-Gisors) ;
– en rouvrant la ligne ferroviaire «Rouen-Evreux» ;
– en proposant une offre de transport à la demande, navettes rapides et de covoiturage pour les territoires
périurbains.

Pour le groupe des élu-es EELV de la CREA, le Président, Cyrille Moreau
Le Président

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Circulation : la CCI de Rouen en retard d’un siècle !

Dans un récent communiqué de presse la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Rouen a demandé que les poids lourds reviennent dans le centre de Rouen, sur les quais hauts, et que les voies réservées aux cyclistes et aux piétons soient rendues aux voitures !

A quand la réouverture aux voitures de la rue du Gros Horloge ?

Une vision aussi passéiste, qui fait fi des conséquences de la circulation en ville sur la santé (100 décès prématurés par an à Rouen dus à la mauvaise qualité de l’air, selon la récente étude européenne APHEKOM[1]) est consternante.

Heureusement, une grande partie de nos concitoyens sont beaucoup plus clairvoyants, tournés vers l’avenir en s’adaptant à la situation actuelle et en s’orientant d’eux-mêmes vers les modes de déplacements durables. Les effets de l’accident du pont Mathilde ne sont pas forcément ceux que certains attendaient : beaucoup plus d’utilisation des transports en commun, des parkings–relais P+R, beaucoup plus de covoiturage, beaucoup plus de vélos en ville, très peu de camions dans le centre ville.

Oui, mais la Fédération des transporteurs routiers, la CCI et d’autres opérateurs portuaires se plaignent du détour vers l’ouest que doivent faire les camions pour rejoindre le port et du surcoût selon eux insupportable qu’il génère. Dans le même temps, ils demandent un contournement Est qui sera emprunté, d’après les études réalisées, par des camions qui pour 80% d’entre eux se rendront dans le secteur portuaire, en faisant un détour beaucoup plus important vers l’est, avec un péage ! Comprenne qui pourra !

En tout cas, de nombreux habitants de notre agglomération ont déjà compris qu’une très grande part des problèmes de circulation peut se traiter rapidement et efficacement : renforcement des transports en commun pour lesquels beaucoup reste à faire, création de parking-relais, d’aires de covoiturage, détournement des camions par l’ouest et la rocade sud, création d’aménagements cyclables, etc. Des solutions depuis longtemps demandées par Europe Ecologie –Les Verts.

Pour le groupe des élus EELV de la CREA,

Pascal MAGOAROU,

Vice-président à l’environnement et à l’agriculture périurbaine 


 

[1]Voir sur www.aphekom.org (aller dans la rubrique Publication, avec  traductions françaises disponibles)