Pollution de l’air : S’attaquer réellement au problème !

L’Institut de veille sanitaire INVS vient de publier un rapport sur les impacts sur la santé de la pollution atmosphérique urbaine en Europe. Notre région se distingue tristement avec le classement de Rouen et Le Havre parmi les 25 villes les plus polluées d’Europe.

Selon l’INVS, on pourrait éviter par an 100 décès anticipés à Rouen et 50 au Havre si le niveau de pollution redescendait en dessous des normes fixées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La pollution de l’air est un sujet complexe d’origines multiples : agricole, industrielle, résidentielle et liée aux déplacements.

 Pour y remédier il faut donc revoir à long terme et en profondeur notre modèle de société en engageant la transition écologique de nos territoires :

passer de l’agriculture intensive à une agriculture durable, paysanne et biologique (contribuant au passage à lutter contre le grave problème de pollution des nappes phréatiques) ;

 – aider l’industrie traditionnelle à engager sa mutation technologique pour développer l’industrie verte ;

 – engager un vaste programme de rénovation des logements pour améliorer la qualité de l’air intérieur et réduire la consommation d’énergie ;

favoriser des reports massifs de la route vers les transports collectifs pour les passagers, et vers le fluvial et le fer pour les marchandises.

 Mais nous pouvons aussi agir rapidement par le biais de politiques publiques et de décisions politiques :

la mesure prioritaire est l’interdiction des camions sur les quais à Rouen.

 Pour ces camions entrant dans l’agglomération et allant, pour la plupart d’entre eux, dans la zone portuaire, la solution est d’emprunter la rocade sud entre le rond-point des vaches et le zénith, qui a été faite pour eux ;

 – aussi, nous devons développer plus fortement les transports en commun pour réduire les déplacements automobiles : les aménagements de la ligne 7 traversant la CREA est une première victoire des écologistes, mais beaucoup reste à faire comme la ligne ferroviaire Rouen-Evreux ;

 – les pouvoirs publics peuvent contribuer à développer l’agriculture bio et locale ; par exemple en favorisant l’approvisionnement des cantines scolaires par des agriculteurs du terroir et biologiques, à l’image de ce qui se fait à Rouen et dans le cadre du programme Agriculture et Nutrition en cours dans les collèges et lycées.

 C’est l’ensemble de ces mesures qui permettra d’améliorer la qualité de l’air de nos agglomérations et par là même l’attractivité de nos villes et la compétitivité de nos économies.

Contrairement aux déclarations d’Air Normand sur France 3, la réalisation du contournement Est n’apportera aucune amélioration, ni pour les déplacements individuels, ni pour les camions. En effet, les déplacements de transit ne concernent que 20% environ des flux de véhicules personnels et de camions. Même en retenant le principe que l’ensemble des camions de transit emprunte le contournement Est, il y aurait toujours 80% des camions qui circuleraient en ville.

En outre, vu l’état des finances publiques, les seules infrastructures de ce type ayant été réalisées ces dernières années ont donné lieu à des partenariats publics-privés avec installation de péages, entraînant une désaffection massive de ces routes.

Enfin, il serait temps de prendre en compte la crise financière et écologique, qui conduit à l’abandon, les uns après les autres, des grands projets d’infrastructures, le dernier en date étant le grand contournement Ouest de Strasbourg, suite à l’incapacité du délégataire privé pressenti de mobiliser les financements auprès des banques, dubitatives vis-à-vis de la rentabilité d’un amortissement sur 55 ans.

C’est pourquoi les écologistes en appellent à l’esprit de responsabilité de tou-te-s en arrêtant de se cacher derrière des solutions « magiques » telles le contournement Est, pour prendre dès maintenant les mesures qui s’imposent pour préserver notre santé, notre environnement et les emplois d’aujourd’hui et des générations futures.

Pour les groupes d’élu-e-s EELV,

de la Région Haute-Normandie, le Président David Cormand

de la CREA, le Président Cyrille Moreau

de la ville de Rouen, les co-Présidents, Jean-Michel Bérégovoy et Françoise Lesconnec

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Pollution aux particules fines : EELV interpelle le Préfet et Air Normand !

Alors que notre Région a connu depuis le début de l’année une série sans précédent de dépassements de seuils d’information (28) et d’alertes (6) à la pollution de l’air, pratiquement aucune mesure d’urgence n’a été prise pour réduire le niveau de pollution et préserver la santé des personnes les plus fragiles.

Pourtant, l’arrêté interdépartemental du16 janvier 2012, dans son article 7, autorise le Préfet à prendre toute une série de mesures concrètes telles que la limitation de l’usage des véhicules diesel, du transport routier, des émissions des industriels, du chauffage par le bois et le charbon, des activités et manifestations publiques, des épandages agricoles.

Pour justifier leur attentisme, les pouvoirs publics se sont appuyés sur les résultats communiqués par Air Normand le 28 mars dernier qui concluaient à la responsabilité du chauffage au bois et de l’agriculture dans la pollution atmosphérique, reléguant le trafic routier à un rôle marginal.

Les élu-es EELV en charge de l’environnement et membres d’Air Normand contestent cette analyse et dénoncent l’inaction des pouvoirs publics.

A cet effet, les élu-es EELV ont écrit à Air Normand pour rappeler l’importance du trafic routier dans les émissions de particules fines PM10, ultra fines PM2,5 et Nox.

Ils ont également écrit au Préfet pour lui demander d’appliquer le principe de précaution en mettant en œuvre les actions prévues à l’article 7 de l’arrêté du16 janvier 2012pour préserver la santé des populations.

Pascal Magoarou, Vice-Président de la CREA à l’environnement 

Véronique Bérégovoy, Vice-Présidente de la Région Haute-Normandie à l’environnement

Jérôme Bourlet, membre du Conseil d’Administration d’Air Normand