Eau publique ou privée ? : l’intervention de Jean-Michel BEREGOVOY en Conseil de CREA du 20/12/2010

Une délibération était particulièrement attendue au Conseil du 20 décembre dernier : la délibération 22, sur le choix du mode d’exploitation du service public d’eau potable sur les 11 communes du secteur nord-ouest de la CREA (Bihorel, Bois-Guillaume, Canteleu, Maromme, Mont-Saint-Aignan et Notre-Dame-de-Bondeville – Déville-lès-Rouen – Hautot-sur-Seine, Sahurs, Saint-Pierre-de-Manneville et Val-de-la-Haye – Isneauville) a donné l’occasion à l’ensemble des groupes de la majorité et de l’opposition de s’exprimer sur la politique de gestion de l’eau sur notre territoire.

C’est par la voix de Jean-Michel Bérégovoy, Vice-Président à l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, que le groupe des élu-es EELV et apparent-és s’est exprimé. Voici son intervention :

« Revenons sur un passé récent pour éviter les contradictions. Il y a deux ans, le choix du retour en régie publique directe de l’eau était fait rive sud. Un choix courageux et d’avenir, à l’encontre de l’étude menée alors, qui préconisait une régie contrôlée.

Aujourd’hui nous sommes confronté-es à la même problématique. Or, la délégation de service public n’a pas été choisie, et nous nous en félicitions. Mais la régie directe n’a pas été choisie non plus, alors même qu’elle était prônée par les groupes politiques constituant la majorité.

Nous avions, Monsieur le Président, en 2009 sur la rive sud, contré la droite ensemble pour expliquer pourquoi une régie directe état le meilleur choix. Or, nous retrouvons aujourd’hui la régie contrôlée, qui confortera ce soir la droite, en l’occurrence.

Alors analysons la situation d’aujourd’hui :

Un choix de deux ans en marché, permettant, avant la fin du mandat, de se donner le temps de l’élargissement de la régie, aurait été acceptable, mais six ans, non. Notre choix est celui de la régie directe, car l’eau n’est pas une marchandise. Il faut consolider la régie existante, la fusion CAR-CAEBS, mais il n’y a pas de gros investissement prévu, 22 salariés à reprendre, pas de multiplication de frais de siège non plus, plus de situation anxiogène (le collectif et les élu-es écologistes ont rencontré les personnels).

Concernant l’aide à la décision, l’étude qui a été soumise aux élu-es n’est que peu éclairante sur la gestion de la Lyonnaise Des Eaux pendant ces années de délégation. A Bordeaux, ce type d’étude a permis de récupérer 200 millions d’euros.

Alors nous saluons la notion de juste prix reprise par le Président. Car le prix n’est pas tant à baisser mais c’est la préservation qui doit être assurée.

Nous avions donc fait un bout de chemin ensemble et sommes aujourd’hui en désaccord. Nous voulons un grand service public de l’eau à la CREA, la puissance publique doit seule reprendre l’eau en régie et nous serons donc amenés à voter contre cette délibération si nous ne sommes pas entendus sur nos revendications. Merci.»

BIEN COMMUN DE L’HUMANITE, L’EAU N’A PAS DE PRIX

 [Notre tribune dans « CREA le mag » de novembre]

 Associé-es au collectif de l’eau, nous, écologistes de la CREA et de toutes les collectivités où nous sommes élu-es, nous mobilisons pour un grand service public de l’eau.

La CREA doit revoir ses contrats de gestion privée et décider à terme le retour de chaque commune de l’agglomération dans le champ du service public, en confiant sa production et sa distribution directement à sa régie, comme Laurent Fabius l’a choisi fin 2009 pour les usagers de la banlieue sud et des plateaux Est de l’agglomération.

 Le service public garantit le prix juste, la transparence de gestion, la maîtrise de la politique (écologique, sociale, environnementale) de l’eau par la collectivité, et enfin que chaque euro payé par l’usager soit investi à l’amélioration du service et du réseau.

 70% des habitant-es de la CREA sont aujourd’hui servi-es en eau par une régie publique. Les plateaux nord et ouest de l’agglomération ont aussi le droit de faire partie du grand service public de l’eau qui se dessine dans leur agglomération. Nous nous battons pour cela, en réseau, à travers une mobilisation variée sur le terrain, dans les conseils municipaux, au conseil de la CREA, pour que l’eau reste à tous.

VOUS AVEZ DIT CULTURE ?

[par Nathalie Maine, Conseillère communautaire]

Alors que le Festival Normandie Impressionniste, mené par la CREA, est terminé, il est nécessaire de s’interroger sur la culture et le rôle de la CREA en la matière sur son territoire.

Un bilan de Normandie impressionniste ?

Si ce festival est une réussite, cela a été dit par nombre d’acteurs, nous voulons particulièrement souligner la multitude des projets satellites menés durant l’été : l’appel à projets a mobilisé de nombreux acteurs, autour d’une « culture de tous« , à l’image du travail original mené sur les hauteurs rouennaises, qui a donné à voir des paysages, car la culture c’est aussi cela, un nouveau regard sur notre quotidien.

La réussite de ce festival c’est aussi la preuve éclatante que la culture s’inscrit au cœur du projet de développement d‘un territoire, facteur de son identité et de son rayonnement.

Le festival passe, la CREA reste…

On ne peut alors se contenter de cette seule opération en guise d’action culturelle : on ne peut réduire la culture haut-normande à Normandie Impressionniste, on ne fait pas une politique culturelle sans travail de fond, de long terme, sans recherche de cohérence.

Quel écho de cet été impressionniste, dans les communes où le portage politique du projet n’était pas présent ? Une véritable politique culturelle se doit d’exprimer l’engagement avec les citoyens de faire de la culture, une dimension clé des politiques locales, et montrer un signe de solidarité et de coopération avec l’ensemble du territoire.

Si nous, les politiques, ne sommes pas exigeants sur cette diversité des publics de la culture, et le travail qu’il implique sur le territoire, alors nous ne remplissons pas notre mission.

 Plusieurs questions se posent :

Celle du rôle que la CREA veut jouer, en lien avec les autres collectivités, et celle de l’échelle culturelle où elle se situe. Ce travail, s’il est mené, n’associe pas encore et certainement pas assez les élu-es que nous sommes.

– Si en outre l’on a parlé des effets positifs du festival sur le territoire en termes de rayonnement externe et d’activités économiques, sait-on seulement évaluer ce que cela a changé au niveau des habitants, des acteurs culturels ?

– La question de l’état des lieux interpelle enfin nombre d’élu-es. Le groupe culture s’est réuni une fois en un an. Nous étions pourtant nombreux (plus de 80) et motivés pour se revoir. Les outils existent et les élus sont compétents, ils souhaitent partager leur savoir-faire. Comment est conçu le groupe de travail ? Est-ce un lieu de reconduction de l’existant ? Où bien est-ce là où peuvent être débattus la politique culturelle, l’intérêt communautaire, la problématique des équilibres territoriaux ?

La CREA est un territoire nouveau, et la révision du contrat d’agglomération à venir induit une nouvelle politique culturelle, basée sur cet état des lieux des structures, la géographie culturelle, les enjeux auxquels nous avons à répondre.

Pour conclure

Notre territoire est riche d’un patrimoine traditionnel, mais aussi d’une culture vivante ;  une culture qui interroge et fait dialoguer, comme par exemple celle qui a permis que Camille (le projet artistique mis en oeuvre par Arne Quinze sur le pont Boieldieu) vienne questionner au beau milieu d’un pont la vision de chacun sur le lien entre les deux rives.

Il est essentiel de créer du lien et du dialogue, pour que la culture prenne vie et sens sur notre agglomération, nous devons donc nous saisir rapidement, à la CREA, de toutes ces questions.

CREA ? La vision du groupe des élus Verts et apparentés de la CAR

[Conseil du 9 juillet – Intervention de Cyrille Moreau, Président du groupe des élus Verts et apparentés – Approbation de l’arrêté de périmètre et des statuts de la future CREA, Communauté Rouen Elbeuf Austreberthe]

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour engager le premier acte qui doit conduire à la création d’une Communauté d’agglomération élargie.

Le chemin est encore long avant que ne soit publié l’acte de naissance de la nouvelle Communauté, mais c’est dès maintenant que nous devons mettre au débat, ici dans cette enceinte mais également, à l’extérieur avec les habitants de nos communes, les raisons qui justifient le rapprochement entre nos quatre intercommunalités. L’argument qui revient le plus souvent est qu’ensemble on est plus fort. Plus fort pour porter des projets, pour affronter les épreuves, pour préserver notre territoire. La notion de « vivre ensemble » est au cœur du projet politique de la gauche et de l’écologie politique, et à l’opposé de la droite qui prône le chacun pour soi. C’est pour cela que sans détour, j’indique dès maintenant la position de notre groupe des élu-es Verts et apparenté-es de l’Agglomération de Rouen : nous sommes favorables au projet de Communauté élargie. Cependant, au delà des considérations territoriales et financières, c’est notre identité commune qui constitue le  véritable moteur de ce rapprochement.E n effet, pour réussir ce projet de Communauté nous devons clairement identifier ce qui nous rassemble sans nier nos différences qui sont aussi une source de richesse : concilier urbanité et ruralité, logique industrielle et logique résidentielle. Mais au-delà de ces nuances que notre territoire possède, nous partageons la même histoire sur laquelle il est important de se pencher pour faire ressortir notre identité commune.

Notre territoire est avant tout marqué par son histoire industrielle qui a conduit à une certaine différenciation entre la rive droite et la rive gauche, séparées par la Seine, ligne de démarcation plutôt que trait d’union. A la rive gauche, la fonction de production avec ses zones industrielles ; à la rive droite, les fonctions de loisirs et ses zones résidentielles. C’est sans doute ce statut quo qui a conduit notre agglomération, autrefois prospère, sur le chemin d’un long déclin. La conséquence la plus dommageable de ce Yalta normand est le gel de construction de logements sur la commune centre, décrétée ad vitam et æternam musée centriste. Cela a conduit à la désastreuse politique d’étalement urbain, les classes moyennes et populaires étant contraintes de s’exiler toujours plus loin.

L’étalement urbain, voilà notre premier trait de caractère commun à notre territoire. On retrouve difficilement ailleurs une situation aussi exacerbée. Sur les 700.000 habitants du bassin de vie de Rouen, seul un habitant sur sept vit sur la commune centre, et un sur deux dans le centre urbain. Le prix à payer pour les errements du passé est très lourd : destruction des espaces naturels et ruraux, étranglement financier des communes incapables d’assumer les charges des services publics de proximité, multiplication des déplacements qui conduit à une saturation des infrastructures de transport, dégradation générale des conditions de vie liée en particulier aux pollutions et nuisances. C’est ce défi que nous devrons relever. Malheureusement ce n’est pas le seul car notre territoire est marqué par un autre trait de caractère fort qui nous amène à remonter à l’après guerre. A l’époque, le gouvernement décidait de faire de la Seine Maritime l’un des bassins industriels qui allait contribuer à l’effort de reconstruction nationale. On en perçoit la logique : avec ses deux ports maritimes reliés par la Seine, notre département était idéalement placé devenir le complexe industrialo-logistique de l’Ile de France. N’injurions pas le passé, ce choix a un temps fait la prospérité de notre région et de notre agglomération qui a connu une croissance sans précédent. Mais ce modèle, celui de la croissance infinie qui épuise les ressources, appartient au passé et on peut constater le prix élevé que notre territoire doit maintenant payer. Notre agglomération et par extension notre département et notre région connaissent plus de chômage qu’ailleurs, plus de précarité, plus de ménages touchés par la pauvreté, plus de sous-qualification professionnelle, mais aussi plus de maladies liées aux pollutions et de surmortalité. Notre agglomération vit sous la menace d’un séisme social, les activités industrielles étant les plus fragilisées par les crises que traverse le système économique mondial. Pendant longtemps notre industrie a bien résisté à la concurrence internationale, grâce en particulier à d’importants gains de productivité. Mais le système à ses limites et à moins d’innovations technologiques majeures, elle va se trouver gravement menacée par la concurrence des pays émergents faisant courir le risque de fermeture de pans entiers de secteurs d’activités.

 C’est le second trait de caractère de notre territoire, un tissu économique fragilisé qui impacte fortement notre environnement et notre cohésion sociale.

Voilà une vision bien sombre de notre territoire me direz-vous. Rassurez-vous, j’ai gardé le meilleur pour la fin.

En effet, notre territoire possède un troisième trait de caractère qui n’est suffisamment valorisé : notre patrimoine.

 Qu’il soit historique ou naturel il est en tous points exceptionnel ! Notre agglomération est riche de ses maisons à colombages, églises, fermes normandes, clos masures qui font la fierté des rouennais et l’émerveillement des visiteurs. Elle n’est pas en reste non plus en termes de milieux naturels, certes altérés, qui en font l’une des destinations de villégiature préférées de nos  voisins parisiens, même si, j’en conviens, certains préfèreraient que notre patrimoine naturel soit un peu moins riche surtout quand il s’agit de la violette de Rouen. Trop souvent on  marginalise l’importance de ce patrimoine que d’aucun considère aller de soit et immuable. C’est une erreur. Il est un élément déterminant de la qualité de vie de nos concitoyens. Il constitue également un potentiel de développement économique extraordinaire. Cependant, si nous continuons à le compter pour valeur négligeable, nous risquons de le laisser se dégrader jusqu’à un point de non-retour. Il ne nous restera plus alors que nos yeux pour pleurer et regretter e bon vieux temps. La richesse de notre patrimoine historique et naturel, est le troisième pilier de notre identité commune. Voilà ce qui à notre sens fonde notre communauté : un même passé industriel, un étalement inconsidéré et un patrimoine exceptionnel. Le projet de communauté élargie qui nous réunit aujourd’hui est l’occasion d’en prendre acte pour tourner une page de notre histoire et prendre un nouveau départ.

 Nous devons saisir l’opportunité qui s’offre à nous de bâtir un nouveau projet d’agglomération en relevant quatre défis : Favoriser la création d’emplois pérennes et de qualité pour tous ; Donner accès à des logements sains et à loyer modéré en centre d’agglomération pour tous ceux qui le souhaitent ; Garantir une mobilité rapide et bon marché ; Offrir cadre de vie de qualité dans un environnement préservé.

 Pour y parvenir la future agglomération élargie devra mener à bien plusieurs chantiers :

Tout d’abord, réglementaire. Ce n’est pas très passionnant mais c’est un point essentiel. Nous sommes en pleine révision de notre schéma directeur et il apparaît très clairement que les agglomérations les plus attractives, que ce soit d’un point de vue économique, résidentiel ou de qualité de vie, sont celles qui ont su se doter de règles d’aménagements claires et cohérentes. Nous faire de même dans le cadre de notre chantier d’élaboration du notre futur SCOT, Schéma de cohérence territoriale en mettant un terme au laisser-faire du passé pour préserver nos espaces naturels,  j’en profite pour rappeler l’importance du classement des boucles de la Seine, organiser les déplacements et définir les fonctionnalités urbaines.

Ensuite, foncier. En lien direct avec le précédant chantier, nous devons nous réapproprier notre foncier. On peut élaborer toutes les politiques publiques que l’on souhaite, si on ne maîtrise pas le foncier elles resteront lettre morte. Notre agglomération devra impérativement se doter d’une politique de maîtrise foncière d’agglomération pour permettre le développement de logements à prix modérés, permettre la réalisation d’axes structurants de transports en commun et conserver les emprises nécessaires au développement d’espaces de loisirs et d’espaces agricole maraîchers de proximité.

 Autre chantier, celui des déplacements. En misant sur le « tout routier », notre agglomération est parvenue à la saturation de ses infrastructures routières. Les habitants de l’agglomération sont les premiers à en payer le prix, mais cela affecte également l’activité de nos entreprises. Plutôt que de poursuivre la fuite en avant qui consiste à vouloir adapter les infrastructures à la croissance du trafic, politique ruineuse et illusoire, nous devons opter pour une approche radicalement différente, développer un ambitieux réseau de transports en commun. Nous sommes très en retard dans notre agglomération, avec l’un des réseaux les moins développés de France. Les chiffres sont sans appel : là où les autres agglomérations comptent 200 déplacements par habitant et par an nous en avons la moitié. Là où ces mêmes agglomérations investissent par an l’équivalent du versement transport des entreprises, nous investissons le tiers. Pourtant les transports en commun sont in-dis-pen-sables au développement et à la qualité de vie des agglomérations modernes. Ils permettent le développement de l’activité économique, ils sont le mode de déplacement le moins coûteux, ils préservent notre environnement et notre santé, ils favorisent un développement harmonieux des agglomérations. Les projets prioritaires à développer sont connus. Sur l’agglomération de Rouen un axe en site propre Nord Sud, allant du Madrillet à la plaine de la ronce, mais également un axe Est Ouest qui reliera la future gare au quartier Flaubert sans oublier les prolongements nécessaires de lignes de métro et de TEOR vers l’est. Mais nous devons également créer des solidarités avec les territoires avec lesquels nous allons fonder la grande agglomération : il nous faut développer un « tram train » Nord Sud d’Elbeuf à Barentin, et un autre d’Est en Ouest, de Serqueux à Rouen. Enfin, il faudra également accélérer le développement des parkings de dissuasion, créer un service de transport à la demande, un service public de la mobilité douce, favoriser le covoiturage, réouvrir les couloirs bus, améliorer la qualité de service sur les lignes de bus…. Le chantier est colossal, mais il est la condition nécessaire, au renouveau d’une agglomération en déclin.

 Dernier chantier et pas des moindres : la conversion écologique de notre tissu économique. Personne ne niera l’importance du Port de Rouen, de la logistique et de l’industrie dans l’économie de notre l’agglomération. Mais on se doit également de rappeler que la richesse de notre territoire se traduit paradoxalement par un taux de chômage supérieur à la moyenne et une paupérisation des ménages plus forte. Il est évident que la force de notre tissu industriel se fait pour partie au détriment de l’emploi tertiaire. Nous comptons 10% d’emplois tertiaires de moins que dans les autres agglomérations, ce qui explique sans doute pour partie l’exode des étudiants en fin de cycle et l’hémorragie des sièges sociaux. Cette réalité est d’autant plus inquiétante que notre tissu industriel est un géant au pied d’argile qui menace de vaciller. Nous devons dès maintenant anticiper l’avenir et faire de nos faiblesses relatives des forces. Notre agglomération est un nœud logistique ? Aidons les professionnels à passer de la route au fluvial et au ferroviaire. Nous comptons de nombreux acteurs du BTP ? Soutenons-les à devenir les champions de la construction écologique, des maisons passives ou à énergie positive, pour que demain Rouen soit connu comme la Silicon Valley de l’habitat écolo. L’industrie automobile emploie 20.000 salariés ? Mettons à profit la richesse de ce tissu économique, en ingénieurs, techniciens, PME pour inventer de nouvelles applications : construction de voitures écologiques, de rames de transport en commun, mise en œuvre des projets de déconstruction navale. Je ne vais pas passer en revue tous les secteurs d’activités de notre tissu économique, vous aurez compris ce que l’on entend par conversion écologique de notre économie. Mais il ne faudra pas s’arrêter là. Au coté des « vieux secteurs » qui doivent faire leur mue et prendre un nouveau départ, il faut favoriser l’émergence, la structuration et le développement des nouveaux secteurs qui répondent aux attentes du 21ième siècle : énergies renouvelables, éco- tourisme, agriculture biologique, mobilité douce, etc.

Voilà les quatre chantiers que nous souhaitons positionner au cœur du projet d’agglomération élargie : un aménagement cohérent, un foncier maîtriser, des déplacements apaisés, des emplois durables.

 C’est une nouvelle façon de vivre ensemble que nous devons réinventer. C’est en posant les fondations de notre future maison commune que l’on doit poser le débat de notre identité et de notre projet. Nous avons un peu plus d’un an d’ici à la renégociation du contrat d’agglomération, qui se situera à mi-mandat. Le moment sera alors venu de définir nos nouvelles priorités et de porter haut nos nouvelles ambitions pour que notre grande communauté devienne réellement la première éco- agglomération de France. Un territoire où il fasse bon vivre, où il soit facile de s’y déplacer et où nos enfants aient la garantie de trouver un emploi durable respectueux de leur personne et de leur environnement.

Je vous remercie.