Conseil de CREA du 26 mars 2012 : un Historial Jeanne d’Arc, oui mais dans quelles conditions ?

[Conseil de CREA du 26 mars 2012

Délibération 18 :

Création de l’historial Jeanne d’Arc dans les locaux de l’Archevêché

Intervention de Nathalie MAINE, conseillère communautaire]

Monsieur le Président,

Nous sommes, et nous l’avons dit souvent, très favorables au développement de la politique touristique, qui constitue un des piliers de notre développement économique.

Cependant, sur cette délibération, il ne nous semble pas que les conditions soient réunies pour y apporter notre soutien :

– En effet le dossier n’a été à aucun moment discuté dans une instance de la CREA (il n’était pas inscrit au groupe de travail culture ni à la commission pourtant récemment tenus).

Et si une présentation imagée a été tardivement proposée aux seuls membres du bureau ce vendredi, les élues de notre assemblée ont donc découvert le peu de données disponibles dans leur dossier de Conseil de CREA, qui en l’occurrence n’est pas assortie de l’étude qu’il cite.

Comment approuver donc, sans voir connaissance, l’étude de faisabilité soumise au vote dans la délibération, comment pouvoir évaluer le coût global de l’opération ?

Sur les coûts, la première évaluation de ce projet (estimée à 10 millions d’euros) nous est aussi parvenue après même l’envoi de notre dossier de Conseil, et nous n’avons pas d’explication autre que le chiffre brut. C

es remarques ne se veulent pas critiques au regard d’un projet qui a sans doute son sens politique, économique, touristique, mais vous comprendrez que son adhésion n’est pas rendue aisée et qu’il est légitime de notre part de souhaiter plus de démocratie sur un projet dont le montant est aussi important et dont l’impact n’est pas moindre.

Il ne nous apparait donc pas possible, après ces explications données, d’apprécier l’intérêt communautaire du projet et l’impact qu’il aurait sur les moyens mis en œuvre sur les autres aspects de politique culturelle de la CREA, faute d’éléments d’information adéquat.

Nous conclurons en rappelant une de nos propositions en début du mandat : qu’au-delà d’un certain seuil (il était en l’occurrence de 10 millions d’euros) la CREA soit en obligation d’organiser un débat participatif.

Nous nous abstiendrons donc sur cette délibération.

HISTORIAL JEANNE D’ARC : « LES CONDITIONS DE VOTE NE SONT PAS REUNIES »

 

[Communiqué du groupe des élu-es EELV de la CREA ; 23 mars 2012)

Par délibération du 8 juillet 2012, le Bureau de la CREA autorisait le lancement d’une étude de faisabilité technique, juridique et financière sur le projet d’un espace dédié à l’épopée de Jeanne d’Arc dénommé « Historial Jeanne d’Arc », dans les espaces non valorisés de l’Archevêché de RouenNous serons appelé-es à délibérer, ce 26 mars, sur la reconnaissance de l’intérêt communautaire de ce projet, et notre groupe s’abstiendra au motif que sur la forme que sur le fonds, les conditions ne sont pas réunies pour permettre une prise de décision responsable.

> Sur la forme :

La délibération évoque l’ étude de faisabilité réalisée, sur laquelle il est demandé aux élus de prendre acte des conclusions… sauf qu’elle n’est simplement pas fournie. En outre, hormis le coût prévisionnel annoncé de la restauration des bâtiments archiépiscopaux d’un montant de 10 millions d’Euros, aucune explicitation n’est faite des conditions juridiques de l’occupation des lieux (le bâtiment appartenant à l’Etat), des coûts de réalisation de parcours de visite, du fonctionnement du futur équipement. Ce manque d’information, très peu respectueux des élu-es, dénote d’une conception du fonctionnement démocratique de l’institution pour le moins minimaliste.

> Sur le fonds :

L’argumentation qui vise à justifier l’intérêt communautaire s’appuie sur le rayonnement touristique de l’équipement projeté. Au-delà de la confusion gênante entre tourisme et culture, on peut s’interroger là encore sur la volonté de la CREA de permettre le développement d’une politique culturelle au plus près de ses habitant-es et de la nécessaire concertation qui s’impose sur les actions à mener. Le groupe des élu-es EELV rappelle qu’en matière de lieux de visites, l’offre sur le territoire de la CREA est riche de nombreux musées dotés de collections remarquables.

Plutôt que d’envisager un soutien à l’existant, il est proposé une course en avant vers un nouvel équipement dont le coût s’annonce important. Cette prodigalité étonne en période annoncée d’austérité. Une politique culturelle digne de ce nom ne peut se contenter de « coups » isolés dont le premier but est une retombée médiatique.

A quand un débat au sein de la CREA sur les enjeux à prendre en compte dans leur ensemble : spectacle vivant, lecture, patrimoine, image, musique, pratiques culturelles des habitants ?

Pour le groupe des élu-es EELV de la CREA,

Le Président, Cyrille Moreau