VOUS AVEZ DIT CULTURE ?

[par Nathalie Maine, Conseillère communautaire]

Alors que le Festival Normandie Impressionniste, mené par la CREA, est terminé, il est nécessaire de s’interroger sur la culture et le rôle de la CREA en la matière sur son territoire.

Un bilan de Normandie impressionniste ?

Si ce festival est une réussite, cela a été dit par nombre d’acteurs, nous voulons particulièrement souligner la multitude des projets satellites menés durant l’été : l’appel à projets a mobilisé de nombreux acteurs, autour d’une « culture de tous« , à l’image du travail original mené sur les hauteurs rouennaises, qui a donné à voir des paysages, car la culture c’est aussi cela, un nouveau regard sur notre quotidien.

La réussite de ce festival c’est aussi la preuve éclatante que la culture s’inscrit au cœur du projet de développement d‘un territoire, facteur de son identité et de son rayonnement.

Le festival passe, la CREA reste…

On ne peut alors se contenter de cette seule opération en guise d’action culturelle : on ne peut réduire la culture haut-normande à Normandie Impressionniste, on ne fait pas une politique culturelle sans travail de fond, de long terme, sans recherche de cohérence.

Quel écho de cet été impressionniste, dans les communes où le portage politique du projet n’était pas présent ? Une véritable politique culturelle se doit d’exprimer l’engagement avec les citoyens de faire de la culture, une dimension clé des politiques locales, et montrer un signe de solidarité et de coopération avec l’ensemble du territoire.

Si nous, les politiques, ne sommes pas exigeants sur cette diversité des publics de la culture, et le travail qu’il implique sur le territoire, alors nous ne remplissons pas notre mission.

 Plusieurs questions se posent :

Celle du rôle que la CREA veut jouer, en lien avec les autres collectivités, et celle de l’échelle culturelle où elle se situe. Ce travail, s’il est mené, n’associe pas encore et certainement pas assez les élu-es que nous sommes.

– Si en outre l’on a parlé des effets positifs du festival sur le territoire en termes de rayonnement externe et d’activités économiques, sait-on seulement évaluer ce que cela a changé au niveau des habitants, des acteurs culturels ?

– La question de l’état des lieux interpelle enfin nombre d’élu-es. Le groupe culture s’est réuni une fois en un an. Nous étions pourtant nombreux (plus de 80) et motivés pour se revoir. Les outils existent et les élus sont compétents, ils souhaitent partager leur savoir-faire. Comment est conçu le groupe de travail ? Est-ce un lieu de reconduction de l’existant ? Où bien est-ce là où peuvent être débattus la politique culturelle, l’intérêt communautaire, la problématique des équilibres territoriaux ?

La CREA est un territoire nouveau, et la révision du contrat d’agglomération à venir induit une nouvelle politique culturelle, basée sur cet état des lieux des structures, la géographie culturelle, les enjeux auxquels nous avons à répondre.

Pour conclure

Notre territoire est riche d’un patrimoine traditionnel, mais aussi d’une culture vivante ;  une culture qui interroge et fait dialoguer, comme par exemple celle qui a permis que Camille (le projet artistique mis en oeuvre par Arne Quinze sur le pont Boieldieu) vienne questionner au beau milieu d’un pont la vision de chacun sur le lien entre les deux rives.

Il est essentiel de créer du lien et du dialogue, pour que la culture prenne vie et sens sur notre agglomération, nous devons donc nous saisir rapidement, à la CREA, de toutes ces questions.

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Pas d’intérêt communautaire pour l’aéroport de Boos

[COMMUNIQUE DE PRESSE – Avril 2010]

Boos : les fausses bonnes idées de la CCI

Les élu-es verts & apparenté-es de la CREA se sont toujours opposés à une survie sous perfusion de subventions publiques, ainsi qu’à une reconnaissance d’un intérêt communautaire, de l’aéroport de Boos Vallée de seine, d’abord à la Ville de Rouen puis à l’Agglomération lorsque la compétence a été transférée. Et ce pour des raisons non seulement de protection de l’environnement, de compétences des collectivités concernées mais aussi pour des motifs économiques.

Le transport aérien mondial de passagers émet davantage de gaz à effet de serre que l’ensemble des activités d’un pays comme la France (1). En effet, le transport aérien est le plus polluant des moyens de déplacement. La France ayant signé les accords de Kyoto, s’est engagée à diviser par 4 ses émissions de CO2 (par rapport à celles de 1990) d’ici 2025. Concrètement (2) cela ramène à 500kg de rejet carboné par an et par français. Or un aller retour en avion type Paris-New York émet près d’une tonne de CO2 par passager.

 L’aéroport : un service public ?

La compétence Transports de la CREA, telle que définie par la LOTI, (Loi sur les Transports de l’Intérieur) et le PTU (Périmètre des Transports Urbains), concerne en priorité les besoins en mobilité quotidienne de ses habitants, sur son territoire, et pour toutes les catégories sociales. Au vu des besoins de réalisation d’infrastructures de transports en commun sur notre territoire communautaire, il est impératif que le budget «transport et mobilité douce» de la CREA y soit affecté en priorité –comme l’ont fait Nantes et Rennes– car c’est là le vrai besoin de service public, particulièrement en période de raréfaction des finances publiques. Par ailleurs, la Région a clairement énoncé son choix de ne plus favoriser le développement d’une multitude de petits aéroports et de subventionner uniquement un aéroport haut normand, celui de Deauville.

 Les vrais enjeux économiques du XXIe siècle

Il nous semble que certains dirigeants locaux ne sont pas encore entrés dans le 21e siècle, celui où le monde de l’entreprise –pour des raisons de coût mais aussi de prise de conscience environnementale– réduit ses pratiques de mobilité en favorisant l’utilisation des nouvelles technologies que sont par exemple la vidéoconférence, le courrier dématérialisé, etc. La conception d’un monde économique basé sur la surconsommation et les énergies fossiles est incompatible avec les enjeux climatiques, énergétiques et environnementaux de notre siècle, auxquels notre agglomération est déjà confrontée. Le développement de notre territoire passe par l’anticipation de ces mutations inéluctables du monde économique, qui ne pourra plus être basé sur le tout pétrole.

Changeons nos habitudes, en termes de consommation, de mobilité, de choix énergétiques, de loisirs et devenons écocitoyens, vite, car « Notre maison brûle et nous regardons (encore ndlr) ailleurs (3) ».

Pour le groupe des élu-es Verts & apparenté-es de la CREA

Jean-Paul Camberlin

(1) Numéro 97 des Données de l’environnement de L’Institut Français de l’Environnement (IFEN) 10 décembre 2004

(2) Idem

(3) Jacques Chirac, discours à la conférence de la Terre, Johannesburg, 2 septembre 2002.