CONSEIL DE CREA DU 28 JUIN 2010 : NOS POSITIONS ET INTERVENTIONS

> MILIEUX NATURELS ET TERRES AGRICOLES

 La CREA propose d’ouvrir de nouvelles terres agricoles et espaces naturels à l’urbanisation sur la commune d’Hénouville.

Pour apprécier cette décision il est important d’avoir en mémoire qu’Hénouville est située dans le Parc naturel des boucles de Seine, au sein de la Boucle de Roumare en cours de classement  et dans le périmètre de contrainte du futur SCOT (schéma de cohérence territoriale) en cours d’élaboration qui normalement interdit toute nouvelles urbanisation tant qu’il n’est pas finalisé.

Cette décision discrédite les discours de la CREA en faveur de la lutte contre l’étalement urbain et porte atteinte à la crédibilité tant de la procédure de classement des Boucles de la Seine que de l’élaboration du SCOT.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre cette délibération.

> « ECO »QUARTIER FLAUBERT

La CREA proposera au vote de ce Conseil la création d’une SPLA (Société Publique Locale d’Aménagement) chargée de piloter le développement du futur quartier Flaubert.

Si le groupe des élu-es Verts et apparenté-es est favorable au statut retenu il s’étonne du mode de gouvernance de cette structure et des missions qui lui sont attribuées par ses statuts.

En effet, un « éco quartier » se caractérise principalement par la place accordée à l’environnement et à la participation de ses résidents. Ce n’est pas le cas de cette SPLA dont le Conseil d’administration restreint ne laisse aucune place aux habitants ni à la société civile et dont les objectifs qui lui sont assignés sont pour l’essentiel très éloignés des préoccupations environnementales. Cela a au moins le mérite de la clarté sur  la réalité des ambitions environnementales de la CREA pour le quartier Flaubert.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre cette délibération

> OPERATEURS D’ENERGIE : UN TICKET D’ENTREE DANS LES COMMUNES !

Le Conseil devra se prononcer sur la mise en place de partenariats avec les opérateurs d’énergie ERDF et GRDF sur des missions de conseil à l’aménagement urbain. Bien que gratuits, ces partenariats ne sont pas sans poser question.

Pourquoi un tel partenariat gratuit ? L’intérêt économique est évident à réaliser cette prestation d’accompagnement. Ce travail de lobbying vise à orienter les choix énergétiques des communes.

Le dossier GrDF parle d’ailleurs de prise en compte de la protection de l’environnement via le « mix énergétique ».  Traduire consommer du gaz est bon pour l’environnement. Rien de moins qu’une incitation à restreindre le choix à la seule alternative gaz et électricité. Cette position est inacceptable pour les élu-es Verts et apparenté-es de la CREA, en lien avec le combat contre le terminal méthanier d’Antifer. Nous ne pouvons accepter l’institutionnalisation de tels partenariats.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre ces délibérations

> LE SCANDALE DES TARIFS DU TRANSPORTS COLLECTIFS

 La CREA se distingue une fois de plus en matière de politique des transports en soumettant ce jour en Conseil une augmentation globale de 3,1% des tarifs à compter du 1er septembre 2010 qui tranche en période de crise.

Elle justifie cette augmentation par la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du réseau de transport unique sur lequel les voyageurs seront munis de titre unique et des améliorations sensibles de l’offre de transport.

Ces augmentations constituent une véritable injustice au regard de l’évolution du coût de la vie. En effet, l’inflation en 2009 était de 0,1% et les prévisions 2010 sont de 2% ce qui contraste avec l’augmentation de 4,5% des abonnements mensuels et annuels !

Enfin, on peut s’interroger sur la portée pédagogique d’une telle décision qui associe l’amélioration de la qualité des services publics à une forte augmentation des tarifs. Après cela il y aura-t-il encore un usager favorable au développement des transports en commun ?

> LANCEMENT DU PLAN LOCAL D’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT

La CREA lancera à l’occasion de ce Conseil son plan local d’éducation à l’environnement sous le pilotage de Marie Savoye, conseillère communautaire déléguée à l’éducation à l’environnement.

Ce vaste chantier, qui touche des sujets aussi variés que les déplacements, l’air, l’eau, les déchets, la préservation des espaces naturels vise avant tout le jeune public, futurs éco citoyens.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera pour cette délibération.

> CONTOURNEMENT EST ET AXE SEINE

Le Président fera un point sur le contournement Est et l’axe Seine (ferroviaire) en réunion des Vice-Présidents.

C’est l’occasion pour le groupe des élues Verts et apparenté-es de rappeler ses positions sur ces deux sujets.

Son opposition au projet s’appuie de contournement Est non seulement sur son coût prohibitif, un milliard d’euros, ses nuisances  environnementales, l’absence d’impact significatif sur la circulation, mais aussi sur son délai de réalisation, 2025, soit bien après le pic du pétrole.

Le contournement Est plus que jamais un anachronisme. Il est urgent de réaffecter les crédits provisionnés à la réalisation de transports en commun.

Concernant l’axe Seine et la ligne LGV, le groupe est favorable à la proposition de ligne à haute performance réalisée dans des coûts et des délais raisonnables. Il est cependant opposé à toute solution qui consisterait à créer une ligne nouvelle pour  mettre Le Havre à 1h15. Le coût serait prohibitif pour les pouvoirs publics, entre 7 et 9 milliards d’euros, mais gageons-le également pour les utilisateurs, qui verront le prix de leur billet augmenter. Sans compter que le développement d’une ligne LGV risque de se concrétiser au détriment des lignes régionales.

Il y a urgence à régler les difficultés des usagers du train et du fret. Aussi, le groupe des élu-es Verts et apparenté-es appelle ses collègues à ne pas céder aux sirènes des « trains magiques ».

Pas d’intérêt communautaire pour l’aéroport de Boos

[COMMUNIQUE DE PRESSE – Avril 2010]

Boos : les fausses bonnes idées de la CCI

Les élu-es verts & apparenté-es de la CREA se sont toujours opposés à une survie sous perfusion de subventions publiques, ainsi qu’à une reconnaissance d’un intérêt communautaire, de l’aéroport de Boos Vallée de seine, d’abord à la Ville de Rouen puis à l’Agglomération lorsque la compétence a été transférée. Et ce pour des raisons non seulement de protection de l’environnement, de compétences des collectivités concernées mais aussi pour des motifs économiques.

Le transport aérien mondial de passagers émet davantage de gaz à effet de serre que l’ensemble des activités d’un pays comme la France (1). En effet, le transport aérien est le plus polluant des moyens de déplacement. La France ayant signé les accords de Kyoto, s’est engagée à diviser par 4 ses émissions de CO2 (par rapport à celles de 1990) d’ici 2025. Concrètement (2) cela ramène à 500kg de rejet carboné par an et par français. Or un aller retour en avion type Paris-New York émet près d’une tonne de CO2 par passager.

 L’aéroport : un service public ?

La compétence Transports de la CREA, telle que définie par la LOTI, (Loi sur les Transports de l’Intérieur) et le PTU (Périmètre des Transports Urbains), concerne en priorité les besoins en mobilité quotidienne de ses habitants, sur son territoire, et pour toutes les catégories sociales. Au vu des besoins de réalisation d’infrastructures de transports en commun sur notre territoire communautaire, il est impératif que le budget «transport et mobilité douce» de la CREA y soit affecté en priorité –comme l’ont fait Nantes et Rennes– car c’est là le vrai besoin de service public, particulièrement en période de raréfaction des finances publiques. Par ailleurs, la Région a clairement énoncé son choix de ne plus favoriser le développement d’une multitude de petits aéroports et de subventionner uniquement un aéroport haut normand, celui de Deauville.

 Les vrais enjeux économiques du XXIe siècle

Il nous semble que certains dirigeants locaux ne sont pas encore entrés dans le 21e siècle, celui où le monde de l’entreprise –pour des raisons de coût mais aussi de prise de conscience environnementale– réduit ses pratiques de mobilité en favorisant l’utilisation des nouvelles technologies que sont par exemple la vidéoconférence, le courrier dématérialisé, etc. La conception d’un monde économique basé sur la surconsommation et les énergies fossiles est incompatible avec les enjeux climatiques, énergétiques et environnementaux de notre siècle, auxquels notre agglomération est déjà confrontée. Le développement de notre territoire passe par l’anticipation de ces mutations inéluctables du monde économique, qui ne pourra plus être basé sur le tout pétrole.

Changeons nos habitudes, en termes de consommation, de mobilité, de choix énergétiques, de loisirs et devenons écocitoyens, vite, car « Notre maison brûle et nous regardons (encore ndlr) ailleurs (3) ».

Pour le groupe des élu-es Verts & apparenté-es de la CREA

Jean-Paul Camberlin

(1) Numéro 97 des Données de l’environnement de L’Institut Français de l’Environnement (IFEN) 10 décembre 2004

(2) Idem

(3) Jacques Chirac, discours à la conférence de la Terre, Johannesburg, 2 septembre 2002.

De la CAR à la CREA : Discours du groupe des élus Verts et apparentés

[Conseil d’installation de la CREA – 7 janvier 2010 – Intervention de Cyrille Moreau, Président du groupe des élu-es Verts et apparentés]

Notre groupe se réjouit d’être rejoint par de nouveaux collègues. Très rapidement, je veux rappeler que les écologistes sont favorables au développement des intercommunalités qui sont, à la fois, un outil de défense du service public et un outil de lutte contre l’étalement urbain, qui, à leur sens, est l’un des enjeux forts du siècle actuel qu’il faudra relever. Cela dit, la CREA est un outil qui a un potentiel devant se concrétiser dans un projet. La révision du Contrat d’agglomération devra d’ailleurs prochainement prouver si les orientations vont dans le bon sens.

Sur l’enjeu des déplacements, la CREA va-t-elle accorder une priorité forte aux transports en commun en multipliant les transports en sites-propres, en développant les trams-trains et les transports à la demande ? Je veux rappeler aussi le projet essentiel de la gare rive gauche.

La nouvelle Communauté présentant beaucoup de territoires ruraux, un deuxième enjeu sera celui des terres agricoles et des espaces naturels avec la mise en place d’une nouvelle politique, sachant que des espaces agricoles et naturels mal protégés et mal organisés auront pour conséquence le développement de l’étalement urbain et des déplacements et une qualité de vie globalement dégradée.

Sur l’enjeu de la gouvernance et, plus globalement, sur celui de la démocratie, nous souhaitons souligner que l’intercommunalité est une bonne chose même si son inconvénient majeur est d’éloigner les citoyens des élus désignés au suffrage universel. Si le projet en cours de réforme institutionnelle de l’Etat envisage d’y remédier pour partie, cela n’est pas suffisant et il faudra créer et multiplier des outils qui permettront d’organiser la gouvernance au sein des communes et avec les citoyens. Une des pistes évoquées sur ce point est la multiplication des observatoires comme celui sur l’eau.

Enfin l’enjeu économique va être au cœur de la vie des habitants, puisque l’année qui vient de s’écouler a été terrible pour le territoire dont une bonne partie est organisé autour d’activités économiques industrielles et logistiques frappées de plein fouet par la crise actuelle qui va malheureusement se poursuivre sur 2010. La question qui va se poser est : comment la CREA va faire pour arrêter ces fermetures d’entreprises en masse ? La solution est d’abord d’accorder des aides d’urgence au niveau des entreprises existantes et de diversifier l’activité – l’agglomération étant dans ce domaine, très en retard par rapport à d’autres – en accroissant les emplois tertiaires, en se tournant vers le tourisme, le service à la personne et en travaillant avec le secteur industriel actuellement fort pour qu’il puisse convertir son activité et être compatible avec la crise.

Cette crise est d’abord et avant tout une crise productiviste et écologiste. Et si les activités sont en difficulté, c’est parce qu’elles sont organisées autour d’un fonctionnement productiviste qui a négligé progressivement le travail, les salariés en s’exposant à la concurrence internationale. Pour y remédier, il faudra commencer par renoncer aux projets du passé. Il n’est, par exemple, plus possible de continuer à prôner le contournement Est qui, au-delà des impacts environnementaux (accélération de l’étalement urbain), aura un défaut, celui de mobiliser 1 milliard d’euros qui manqueront le jour où la CREA voudra organiser différemment son territoire et réussir son pari de transformer ses activités aujourd’hui en difficulté en activités de pointe qui seront le fleuron du pays.

En relevant ces défis, la CREA prouvera ainsi sa capacité d’adaptation pour que les habitants puissent continuer à vivre, travailler, se déplacer sur son territoire et pour qu’elle devienne réellement la première éco-communauté de France.

CREA ? La vision du groupe des élus Verts et apparentés de la CAR

[Conseil du 9 juillet – Intervention de Cyrille Moreau, Président du groupe des élus Verts et apparentés – Approbation de l’arrêté de périmètre et des statuts de la future CREA, Communauté Rouen Elbeuf Austreberthe]

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour engager le premier acte qui doit conduire à la création d’une Communauté d’agglomération élargie.

Le chemin est encore long avant que ne soit publié l’acte de naissance de la nouvelle Communauté, mais c’est dès maintenant que nous devons mettre au débat, ici dans cette enceinte mais également, à l’extérieur avec les habitants de nos communes, les raisons qui justifient le rapprochement entre nos quatre intercommunalités. L’argument qui revient le plus souvent est qu’ensemble on est plus fort. Plus fort pour porter des projets, pour affronter les épreuves, pour préserver notre territoire. La notion de « vivre ensemble » est au cœur du projet politique de la gauche et de l’écologie politique, et à l’opposé de la droite qui prône le chacun pour soi. C’est pour cela que sans détour, j’indique dès maintenant la position de notre groupe des élu-es Verts et apparenté-es de l’Agglomération de Rouen : nous sommes favorables au projet de Communauté élargie. Cependant, au delà des considérations territoriales et financières, c’est notre identité commune qui constitue le  véritable moteur de ce rapprochement.E n effet, pour réussir ce projet de Communauté nous devons clairement identifier ce qui nous rassemble sans nier nos différences qui sont aussi une source de richesse : concilier urbanité et ruralité, logique industrielle et logique résidentielle. Mais au-delà de ces nuances que notre territoire possède, nous partageons la même histoire sur laquelle il est important de se pencher pour faire ressortir notre identité commune.

Notre territoire est avant tout marqué par son histoire industrielle qui a conduit à une certaine différenciation entre la rive droite et la rive gauche, séparées par la Seine, ligne de démarcation plutôt que trait d’union. A la rive gauche, la fonction de production avec ses zones industrielles ; à la rive droite, les fonctions de loisirs et ses zones résidentielles. C’est sans doute ce statut quo qui a conduit notre agglomération, autrefois prospère, sur le chemin d’un long déclin. La conséquence la plus dommageable de ce Yalta normand est le gel de construction de logements sur la commune centre, décrétée ad vitam et æternam musée centriste. Cela a conduit à la désastreuse politique d’étalement urbain, les classes moyennes et populaires étant contraintes de s’exiler toujours plus loin.

L’étalement urbain, voilà notre premier trait de caractère commun à notre territoire. On retrouve difficilement ailleurs une situation aussi exacerbée. Sur les 700.000 habitants du bassin de vie de Rouen, seul un habitant sur sept vit sur la commune centre, et un sur deux dans le centre urbain. Le prix à payer pour les errements du passé est très lourd : destruction des espaces naturels et ruraux, étranglement financier des communes incapables d’assumer les charges des services publics de proximité, multiplication des déplacements qui conduit à une saturation des infrastructures de transport, dégradation générale des conditions de vie liée en particulier aux pollutions et nuisances. C’est ce défi que nous devrons relever. Malheureusement ce n’est pas le seul car notre territoire est marqué par un autre trait de caractère fort qui nous amène à remonter à l’après guerre. A l’époque, le gouvernement décidait de faire de la Seine Maritime l’un des bassins industriels qui allait contribuer à l’effort de reconstruction nationale. On en perçoit la logique : avec ses deux ports maritimes reliés par la Seine, notre département était idéalement placé devenir le complexe industrialo-logistique de l’Ile de France. N’injurions pas le passé, ce choix a un temps fait la prospérité de notre région et de notre agglomération qui a connu une croissance sans précédent. Mais ce modèle, celui de la croissance infinie qui épuise les ressources, appartient au passé et on peut constater le prix élevé que notre territoire doit maintenant payer. Notre agglomération et par extension notre département et notre région connaissent plus de chômage qu’ailleurs, plus de précarité, plus de ménages touchés par la pauvreté, plus de sous-qualification professionnelle, mais aussi plus de maladies liées aux pollutions et de surmortalité. Notre agglomération vit sous la menace d’un séisme social, les activités industrielles étant les plus fragilisées par les crises que traverse le système économique mondial. Pendant longtemps notre industrie a bien résisté à la concurrence internationale, grâce en particulier à d’importants gains de productivité. Mais le système à ses limites et à moins d’innovations technologiques majeures, elle va se trouver gravement menacée par la concurrence des pays émergents faisant courir le risque de fermeture de pans entiers de secteurs d’activités.

 C’est le second trait de caractère de notre territoire, un tissu économique fragilisé qui impacte fortement notre environnement et notre cohésion sociale.

Voilà une vision bien sombre de notre territoire me direz-vous. Rassurez-vous, j’ai gardé le meilleur pour la fin.

En effet, notre territoire possède un troisième trait de caractère qui n’est suffisamment valorisé : notre patrimoine.

 Qu’il soit historique ou naturel il est en tous points exceptionnel ! Notre agglomération est riche de ses maisons à colombages, églises, fermes normandes, clos masures qui font la fierté des rouennais et l’émerveillement des visiteurs. Elle n’est pas en reste non plus en termes de milieux naturels, certes altérés, qui en font l’une des destinations de villégiature préférées de nos  voisins parisiens, même si, j’en conviens, certains préfèreraient que notre patrimoine naturel soit un peu moins riche surtout quand il s’agit de la violette de Rouen. Trop souvent on  marginalise l’importance de ce patrimoine que d’aucun considère aller de soit et immuable. C’est une erreur. Il est un élément déterminant de la qualité de vie de nos concitoyens. Il constitue également un potentiel de développement économique extraordinaire. Cependant, si nous continuons à le compter pour valeur négligeable, nous risquons de le laisser se dégrader jusqu’à un point de non-retour. Il ne nous restera plus alors que nos yeux pour pleurer et regretter e bon vieux temps. La richesse de notre patrimoine historique et naturel, est le troisième pilier de notre identité commune. Voilà ce qui à notre sens fonde notre communauté : un même passé industriel, un étalement inconsidéré et un patrimoine exceptionnel. Le projet de communauté élargie qui nous réunit aujourd’hui est l’occasion d’en prendre acte pour tourner une page de notre histoire et prendre un nouveau départ.

 Nous devons saisir l’opportunité qui s’offre à nous de bâtir un nouveau projet d’agglomération en relevant quatre défis : Favoriser la création d’emplois pérennes et de qualité pour tous ; Donner accès à des logements sains et à loyer modéré en centre d’agglomération pour tous ceux qui le souhaitent ; Garantir une mobilité rapide et bon marché ; Offrir cadre de vie de qualité dans un environnement préservé.

 Pour y parvenir la future agglomération élargie devra mener à bien plusieurs chantiers :

Tout d’abord, réglementaire. Ce n’est pas très passionnant mais c’est un point essentiel. Nous sommes en pleine révision de notre schéma directeur et il apparaît très clairement que les agglomérations les plus attractives, que ce soit d’un point de vue économique, résidentiel ou de qualité de vie, sont celles qui ont su se doter de règles d’aménagements claires et cohérentes. Nous faire de même dans le cadre de notre chantier d’élaboration du notre futur SCOT, Schéma de cohérence territoriale en mettant un terme au laisser-faire du passé pour préserver nos espaces naturels,  j’en profite pour rappeler l’importance du classement des boucles de la Seine, organiser les déplacements et définir les fonctionnalités urbaines.

Ensuite, foncier. En lien direct avec le précédant chantier, nous devons nous réapproprier notre foncier. On peut élaborer toutes les politiques publiques que l’on souhaite, si on ne maîtrise pas le foncier elles resteront lettre morte. Notre agglomération devra impérativement se doter d’une politique de maîtrise foncière d’agglomération pour permettre le développement de logements à prix modérés, permettre la réalisation d’axes structurants de transports en commun et conserver les emprises nécessaires au développement d’espaces de loisirs et d’espaces agricole maraîchers de proximité.

 Autre chantier, celui des déplacements. En misant sur le « tout routier », notre agglomération est parvenue à la saturation de ses infrastructures routières. Les habitants de l’agglomération sont les premiers à en payer le prix, mais cela affecte également l’activité de nos entreprises. Plutôt que de poursuivre la fuite en avant qui consiste à vouloir adapter les infrastructures à la croissance du trafic, politique ruineuse et illusoire, nous devons opter pour une approche radicalement différente, développer un ambitieux réseau de transports en commun. Nous sommes très en retard dans notre agglomération, avec l’un des réseaux les moins développés de France. Les chiffres sont sans appel : là où les autres agglomérations comptent 200 déplacements par habitant et par an nous en avons la moitié. Là où ces mêmes agglomérations investissent par an l’équivalent du versement transport des entreprises, nous investissons le tiers. Pourtant les transports en commun sont in-dis-pen-sables au développement et à la qualité de vie des agglomérations modernes. Ils permettent le développement de l’activité économique, ils sont le mode de déplacement le moins coûteux, ils préservent notre environnement et notre santé, ils favorisent un développement harmonieux des agglomérations. Les projets prioritaires à développer sont connus. Sur l’agglomération de Rouen un axe en site propre Nord Sud, allant du Madrillet à la plaine de la ronce, mais également un axe Est Ouest qui reliera la future gare au quartier Flaubert sans oublier les prolongements nécessaires de lignes de métro et de TEOR vers l’est. Mais nous devons également créer des solidarités avec les territoires avec lesquels nous allons fonder la grande agglomération : il nous faut développer un « tram train » Nord Sud d’Elbeuf à Barentin, et un autre d’Est en Ouest, de Serqueux à Rouen. Enfin, il faudra également accélérer le développement des parkings de dissuasion, créer un service de transport à la demande, un service public de la mobilité douce, favoriser le covoiturage, réouvrir les couloirs bus, améliorer la qualité de service sur les lignes de bus…. Le chantier est colossal, mais il est la condition nécessaire, au renouveau d’une agglomération en déclin.

 Dernier chantier et pas des moindres : la conversion écologique de notre tissu économique. Personne ne niera l’importance du Port de Rouen, de la logistique et de l’industrie dans l’économie de notre l’agglomération. Mais on se doit également de rappeler que la richesse de notre territoire se traduit paradoxalement par un taux de chômage supérieur à la moyenne et une paupérisation des ménages plus forte. Il est évident que la force de notre tissu industriel se fait pour partie au détriment de l’emploi tertiaire. Nous comptons 10% d’emplois tertiaires de moins que dans les autres agglomérations, ce qui explique sans doute pour partie l’exode des étudiants en fin de cycle et l’hémorragie des sièges sociaux. Cette réalité est d’autant plus inquiétante que notre tissu industriel est un géant au pied d’argile qui menace de vaciller. Nous devons dès maintenant anticiper l’avenir et faire de nos faiblesses relatives des forces. Notre agglomération est un nœud logistique ? Aidons les professionnels à passer de la route au fluvial et au ferroviaire. Nous comptons de nombreux acteurs du BTP ? Soutenons-les à devenir les champions de la construction écologique, des maisons passives ou à énergie positive, pour que demain Rouen soit connu comme la Silicon Valley de l’habitat écolo. L’industrie automobile emploie 20.000 salariés ? Mettons à profit la richesse de ce tissu économique, en ingénieurs, techniciens, PME pour inventer de nouvelles applications : construction de voitures écologiques, de rames de transport en commun, mise en œuvre des projets de déconstruction navale. Je ne vais pas passer en revue tous les secteurs d’activités de notre tissu économique, vous aurez compris ce que l’on entend par conversion écologique de notre économie. Mais il ne faudra pas s’arrêter là. Au coté des « vieux secteurs » qui doivent faire leur mue et prendre un nouveau départ, il faut favoriser l’émergence, la structuration et le développement des nouveaux secteurs qui répondent aux attentes du 21ième siècle : énergies renouvelables, éco- tourisme, agriculture biologique, mobilité douce, etc.

Voilà les quatre chantiers que nous souhaitons positionner au cœur du projet d’agglomération élargie : un aménagement cohérent, un foncier maîtriser, des déplacements apaisés, des emplois durables.

 C’est une nouvelle façon de vivre ensemble que nous devons réinventer. C’est en posant les fondations de notre future maison commune que l’on doit poser le débat de notre identité et de notre projet. Nous avons un peu plus d’un an d’ici à la renégociation du contrat d’agglomération, qui se situera à mi-mandat. Le moment sera alors venu de définir nos nouvelles priorités et de porter haut nos nouvelles ambitions pour que notre grande communauté devienne réellement la première éco- agglomération de France. Un territoire où il fasse bon vivre, où il soit facile de s’y déplacer et où nos enfants aient la garantie de trouver un emploi durable respectueux de leur personne et de leur environnement.

Je vous remercie.

QUEL DEVENIR POUR LA MAISON DE MARAICHERS DE CARVILLE ?

[Conseil d’agglomération du 23 mars 2009 – Question orale présentée par le Groupe des élu(e)s Verts et apparenté(e)s]

La vallée des Deux rivières, comprise entre Rouen et Darnétal est l’objet d’un projet inscrit au contrat d’agglo qui mixte des orientations de type eco-quartier et parc naturel urbain. La question de la parcelle dite de Carville est aujourd’hui posée.

La maison et le terrain des maraîchers de Carville à Darnétal, sont des éléments de l’histoire et du patrimoine que nous voulons préserver et revaloriser.

Cette parcelle de terrain est très convoitée depuis le départ à la retraite il y a quelques années de ses anciens propriétaires maraîchers.

En effet, elle est située à un endroit stratégique pour plusieurs raisons : c’est une entrée de l’agglomération rouennaise (carrefour de la Bascule), elle se trouve à la confluence des deux vallées (Aubette, Robec). Elle marque l’interface et la continuité entre les villes de Rouen et Darnétal mais aussi Saint-Léger-du-Bourg-Denis…

La ville de Darnétal s’apprête à délibérer sur la revente de ce terrain à l’entrepreneur AVENEL qui souhaite s’y agrandir : c’est pourquoi, avant qu’elle ne prenne de décision, nous souhaitons pouvoir débattre de cette entrée de ville et de son devenir, en terme de développement économique.

En 2005, une mobilisation citoyenne avait déjà mené sur ce site de la maison des maraîchers de Carville, un long bras de fer avec la ville de Darnétal désireuse à l’époque d’installer un hôtel « à bas prix » sur la parcelle. Des centaines de darnétalais étaient venus nous soutenir, découvrir ce site et s’opposer à l’implantation de cet hôtel. Ce projet ne prenait pas en considération la parole des habitants et la volonté qui perdure encore aujourd’hui de protéger ce site pour en faire un lieu ouvert et accessible à tous, dédié au maraîchage.

Des milliers de visiteurs de toute l’agglomération ont découvert l’intérêt de ce secteur depuis l’implantation du théâtre de l’Écho du Robec ouvert en 2006. Les habitants de l’agglomération connaissent et apprécient la tour de Carville (dite Tour Henri IV), l’Église Saint-Pierre de Carville, toutes deux Monuments Historiques, (XVIè siècle).

Aujourd’hui sur cette vallée de nombreuses activités liées au jardinage écologique, à l’écologie urbaine et à l’animation du vaste site naturel de Repainville (12 hectares), situé de « l’autre coté » de la route de Lyons se développent. En 2007 et 2008, le « Festival de la Terre » a rassemblé sur deux jours plus de 500 personnes.

Nous souhaitons savoir si l’agglomération peut créer un groupe de travail avec toutes les communes concernées dont l’objectif serait d’examiner les conditions pour maintenir l’activité de maraîchage sur le site et parallèlement de trouver des solutions de remplacement pour l’entreprise Avenel.

 Merci de nous donner réponse.