Que souhaitons-nous pour les TC entre Rouen et Elbeuf ?

 [Conseil de CREA du 29/03/10 – Délibérations 24 sur le contrat de DSP liaison TC « Rouen Elbeuf »]

Intervention de Jean-Paul Camberlin, conseiller communautaire

 Cette délibération, en application de la LOTI, vu la modification du PTU suite à la CREA, est pour nous l’occasion d’évoquer l’évolution souhaitable des TC entre Rouen et Elbeuf.

Rappelons l’état des lieux actuel : ce n’est pas moins de 4 réseaux qui sont impliqués dans l’écoulement des trafics entre ces deux pôles urbains, deux réseaux urbains TAE et TCAR, le département VTNI et la région pour les TER.

 D’où 4 exploitants, 4 tarifications différentes, 4 signalétiques différentes, d’où pour les usagers devant utiliser successivement plusieurs de ces moyens de déplacement, une incompréhension totale et une perception d’injustice dans la tarification.

 Evoquons les insuffisances actuelles des infrastructures ferroviaires : pour mémoire, il existe entre Rouen et Elbeuf deux lignes de chemin de fer : l’une exploitée, Mais l’offre actuelle est insuffisante : il faudrait tendre vers un cadencement aux 30 minutes pour la rendre vraiment attractive, de plus elle ne dessert pas le centre d’Elbeuf ; l’autre non exploitée pour le service des voyageurs ; fermée depuis bientôt 50 ans ; mais qui présenterait le grand avantage de desservir la gare centrale d’Elbeuf.

 Constatons un partage modal encore hyper favorable aux mobilités individuelles motorisées : les études préparatoires ont situé entre 11 000 et 12 000 le nombre des déplacements quotidiens entre les pôles urbains rouennais et elbeuvien.

Le trafic local des TER est de l’ordre de 1000 voyages quotidiens, et celui des dessertes routières départementales est du même ordre de grandeur. Il est donc facile d’en déduire que la part modale de l’automobile frôle les 80 %.  Nous sommes loin du développement durable, Alors que faut-il faire ?

 Il y a nécessité de fusionner les réseaux et d’évoluer vers une offre lisible et unifiée : un préalable à toute utilisation des transports en commun est d’en connaître l’existence et de pouvoir accéder aisément aux informations relatives aux itinéraires et aux horaires des dessertes

D’où la nécessité d’adopter sans tarder les mesures suivantes :

–          la mise en place d’une signalétique commune (poteaux, identification des lignes…) ;

–          l’édition d’un guide multimodal (bus, train…) couvrant tout le territoire de la CREA ;

–          la diffusion la plus large possible de tous ces documents (guide, plan, fiches horaires) ;

–          l’ouverture d’un site internet synthétisant l’ensemble de ces informations et permettant le calcul d’itinéraires.

 Evoquons les difficultés à surmonter pour établir la continuité tarifaire : les choses ne sont pas simples pour harmoniser les tarifs des deux réseaux urbains, compte tenu des disparités existantes, mais surtout des coûts d’exploitation facturés par la SNCF (20 € / km, contre 4 € pour un bus).

En conclusion, les possibilités de mieux utiliser les moyens existants que nous demandons

– d’envisager une réouverture à court terme de la ligne de chemin de fer desservant la gare d’Elbeuf ville

– de faire un forcement des liaisons ferroviaires directes Rouen – Elbeuf en activant des sillons Rouen – Caen actuellement inutilisés.

– la nécessité de refondre et de rééquilibrer l’offre bus, Lorsqu’un TCSP ou un BHNS desservira le Parc Expo, la ligne nord sud par l’Est, tant attendue par les usagers depuis sa suppression par la municipalité de droite de Rouen, sur laquelle la ligne 32 pourrait être rabattue. Où des fréquences de 20 seraient les bienvenues.