Eau de l’agglo : notre tribune dans le CREA Mag de mars 2012

Alors que la CREA connaît des épisodes de pollution répétés (pesticides, nitrates, turbidité) de l’eau du robinet, nous avons saisi le Président de la CREA sur la carence d’information de notre collectivité concernant la qualité de l’eau de l’agglomération. La CREA s’est engagée à communiquer, ce qui est loin de régler le problème puisque le nombre d’habitant-es concerné-es sur notre département a triplé en l’espace d’un an (passant de 10 à 30% de la population de la Seine-Maritime).

Il reste en effet à mettre en œuvre des actions de court terme, en informant les habitant-es sur la base des prévisions météo et mesures réalisées par l’Agence Régionale de Santé et lorsque c’est nécessaire, en organisant les distributions d’eau ; De moyen terme par la remise en herbe, l’installation d’agriculteurs biologiques, le travail avec les agriculteurs conventionnels du bassin pour réduire l’utilisation des pesticides et nitrates.

A long terme, il faudra changer les pratiques de tou-es, en réduisant l’utilisation des herbicides dans les jardins mais aussi par les collectivités pour l’entretien des cimetières, de l’espace public, des routes et voies ferrées.

Cyrille Moreau
Président du groupe des élu-es EELV de la CREA

Eau publique ou privée ? : l’intervention de Jean-Michel BEREGOVOY en Conseil de CREA du 20/12/2010

Une délibération était particulièrement attendue au Conseil du 20 décembre dernier : la délibération 22, sur le choix du mode d’exploitation du service public d’eau potable sur les 11 communes du secteur nord-ouest de la CREA (Bihorel, Bois-Guillaume, Canteleu, Maromme, Mont-Saint-Aignan et Notre-Dame-de-Bondeville – Déville-lès-Rouen – Hautot-sur-Seine, Sahurs, Saint-Pierre-de-Manneville et Val-de-la-Haye – Isneauville) a donné l’occasion à l’ensemble des groupes de la majorité et de l’opposition de s’exprimer sur la politique de gestion de l’eau sur notre territoire.

C’est par la voix de Jean-Michel Bérégovoy, Vice-Président à l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, que le groupe des élu-es EELV et apparent-és s’est exprimé. Voici son intervention :

« Revenons sur un passé récent pour éviter les contradictions. Il y a deux ans, le choix du retour en régie publique directe de l’eau était fait rive sud. Un choix courageux et d’avenir, à l’encontre de l’étude menée alors, qui préconisait une régie contrôlée.

Aujourd’hui nous sommes confronté-es à la même problématique. Or, la délégation de service public n’a pas été choisie, et nous nous en félicitions. Mais la régie directe n’a pas été choisie non plus, alors même qu’elle était prônée par les groupes politiques constituant la majorité.

Nous avions, Monsieur le Président, en 2009 sur la rive sud, contré la droite ensemble pour expliquer pourquoi une régie directe état le meilleur choix. Or, nous retrouvons aujourd’hui la régie contrôlée, qui confortera ce soir la droite, en l’occurrence.

Alors analysons la situation d’aujourd’hui :

Un choix de deux ans en marché, permettant, avant la fin du mandat, de se donner le temps de l’élargissement de la régie, aurait été acceptable, mais six ans, non. Notre choix est celui de la régie directe, car l’eau n’est pas une marchandise. Il faut consolider la régie existante, la fusion CAR-CAEBS, mais il n’y a pas de gros investissement prévu, 22 salariés à reprendre, pas de multiplication de frais de siège non plus, plus de situation anxiogène (le collectif et les élu-es écologistes ont rencontré les personnels).

Concernant l’aide à la décision, l’étude qui a été soumise aux élu-es n’est que peu éclairante sur la gestion de la Lyonnaise Des Eaux pendant ces années de délégation. A Bordeaux, ce type d’étude a permis de récupérer 200 millions d’euros.

Alors nous saluons la notion de juste prix reprise par le Président. Car le prix n’est pas tant à baisser mais c’est la préservation qui doit être assurée.

Nous avions donc fait un bout de chemin ensemble et sommes aujourd’hui en désaccord. Nous voulons un grand service public de l’eau à la CREA, la puissance publique doit seule reprendre l’eau en régie et nous serons donc amenés à voter contre cette délibération si nous ne sommes pas entendus sur nos revendications. Merci.»

BIEN COMMUN DE L’HUMANITE, L’EAU N’A PAS DE PRIX

 [Notre tribune dans « CREA le mag » de novembre]

 Associé-es au collectif de l’eau, nous, écologistes de la CREA et de toutes les collectivités où nous sommes élu-es, nous mobilisons pour un grand service public de l’eau.

La CREA doit revoir ses contrats de gestion privée et décider à terme le retour de chaque commune de l’agglomération dans le champ du service public, en confiant sa production et sa distribution directement à sa régie, comme Laurent Fabius l’a choisi fin 2009 pour les usagers de la banlieue sud et des plateaux Est de l’agglomération.

 Le service public garantit le prix juste, la transparence de gestion, la maîtrise de la politique (écologique, sociale, environnementale) de l’eau par la collectivité, et enfin que chaque euro payé par l’usager soit investi à l’amélioration du service et du réseau.

 70% des habitant-es de la CREA sont aujourd’hui servi-es en eau par une régie publique. Les plateaux nord et ouest de l’agglomération ont aussi le droit de faire partie du grand service public de l’eau qui se dessine dans leur agglomération. Nous nous battons pour cela, en réseau, à travers une mobilisation variée sur le terrain, dans les conseils municipaux, au conseil de la CREA, pour que l’eau reste à tous.