Notre intervention au Conseil d’installation du 5 mai 2014

A l’occasion de l’installation du nouveau conseil de CREA, dans la suite des élections municipales et communautaires de mars 2014, le groupe des élus écologistes et apparentés de la CREA s’est exprimé à travers la voix de Cyrille Moreau, son Président du groupe. Il a notamment rappelé, dans le contexte de crise économique et environnemental actuel, le triple défi économique, écologique et institutionnel à relever :

« Défi économique tout d’abord, où notre pays peine à créer des emplois dans un contexte de croissance atone, de renchérissement du coût des matières premières et d’exacerbation de la concurrence internationale, où l’industrie ne cesse de perdre des emplois malgré la volonté des pouvoirs publics de réindustrialiser notre pays. Pourtant, il n’y a pas de fatalité à voir disparaitre notre tissu industriel, l’exemple allemand montre qu’en misant sur les secteurs d’avenir et à haute valeur ajoutée il est possible de maintenir en Europe une industrie et même d’en faire un atout. C’est pourquoi notre agglomération devra aider à la conversion des capacités de production et des compétences des salariés de l’industrie vers secteurs d’avenir et en particulier l’économie verte.

Mais nous ne pouvons pas tout miser sur l’industrie et la logistique, il nous faut également créer les conditions de la diversification économique de notre territoire. Je pense bien sûr au tourisme qui possède un potentiel considérable du fait de la richesse de notre patrimoine naturel et architectural et du développement de l’offre culturelle. Mais je pense surtout au tertiaire : les études réalisées dans le cadre du projet de nouvelle gare ont souligné un déficit de 10.000 emplois tertiaires supérieurs par rapport aux agglomérations de taille comparable. La réalisation de la LNPN, de la nouvelle gare de Rouen, des quartiers Flaubert et Luciline offre l’opportunité de développer une stratégie tertiaire ambitieuse porteuse de milliers d’emplois.

Notre agglomération doit également relever le défi de l’environnement pour préserver la biodiversité, notre santé, mais également comme facteur de compétitivité pour notre territoire. L’agglomération peut agir à de nombreux niveaux : en protégeant les milieux naturels, en reconstruisant la ville sur la ville pour limiter la consommation de terres agricoles et d’espaces naturels, en préservant la ressource en eau en lien avec le développement d’une agriculture durable, en réduisant la pollution de l’air grâce au développement des transports collectifs, actifs et de la logistique durable, en limitant la production de déchets et, lorsque cela n’est pas possible en les valorisant et de façon générale en sensibilisant les habitants et les acteurs publics et privés aux bonnes pratiques. Agir pour l’environnement c’est préserver la planète et notre santé mais également préparer notre avenir économique. Le développement touristique n’est envisageable que tant que nous préservons notre patrimoine naturel et l’environnement urbain des pollutions. De façon similaire, la capacité de notre territoire à offrir un cadre de vie de qualité constitue un atout très important dans le développement du tertiaire.

Tout cela n’est possible qu’à l’appui de moyens financiers, juridiques et techniques adaptés.

La future Métropole répond en partie à la problématique en renforçant les compétences en matière de voirie, d’urbanisme, de biodiversité et d’énergie. Sur ce dernier point, même si les contextes national et régional doivent encore être précisés, la Métropole aura l’opportunité de créer un véritable service public de l’énergie à même de diviser par deux la facture énergétique pour les acteurs privés comme publics et de favoriser la création de centaines d’emplois dans la rénovation thermique et la production d’énergies renouvelables. Bien sûr, la gouvernance de la future métropole n’est pas encore satisfaisante. Ces délégués doivent être élus au suffrage universel direct compte tenu de l’importance des politiques publiques gérées par cette collectivité.

En outre, la faiblesse de l’autonomie financière de la Métropole pose également question et appelle une nouvelle phase de décentralisation qui ne se limite pas à une simple fusion entre territoires mais nécessite de remettre à plat le rôle, les compétences et les moyens de chaque échelon.

Cependant pour les élu-e-s écologistes, la Métropole constitue une réelle avancée dans la prise en compte des enjeux écologiques, c’est pourquoi notre groupe soutient en l’état sa mise en œuvre. Sur ce sujet comme d’autres (environnement, économie, déplacements, aménagement, énergie), nous nous sommes entretenus avec Frédéric Sanchez et sommes parvenus à un accord de mandature. C’est pourquoi le groupe des élu-e-s écologistes apporte son soutien et vote pour la candidature de Frédéric Sanchez à la Présidence de la CREA. »

 

Seine Ecopolis : une pépinière pour développer l’éco-construction !

[Communiqué de David Cormand, Conseiller communautaire Délégué au développement de la filière de l’éco-construction]

Le secteur de l’éco-construction a un fort potentiel de développement en France et dans notre agglomération. De quoi s’agit-il?

Consommer moins d’énergie

Depuis le grenelle de l’environnement, de nouvelles normes de constructions imposent des performances énergétiques plus efficaces. L’objectif est de tendre vers la construction de logements et de bâtiments à énergie passive, voire à énergie positive (c’est-à-dire qu’ils produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment).

Mais au-delà des enjeux autour de la construction neuve, il y a également le chantier de la rénovation des constructions existantes. L’objectif est d’améliorer la performance énergétique de l’ancien.

Consommer moins d’énergie, cela permet de réduire les factures des ménages, des entreprises et des collectivités. Cela permet également de diminuer les pollutions et les émissions de carbone.

Produire de l’énergie renouvelable

Dans le même temps, le secteur de la construction doit développer l’équipement des bâtiments avec des productions énergétiques : panneaux solaires pour l’eau chaude, panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité, biomasse, géothermie. Il s’agit de produire à proximité des lieux de consommation.

Utiliser des matériaux durables

Le secteur du bâtiment doit aussi être en capacité de proposer des matériaux de construction durables : bois, lins, chanvre.
Depuis 2009, David Cormand est en charge, à la CREA, du développement de la filière de l’éco-construction. La pose de la première pierre de la pépinière d’entreprises Seine ECOPOLIS constitue un des leviers qui vise à favoriser le développement de cette filière dans l’agglomération. Cette pépinière a pour objectif de réunir des professionnels du secteur afin de favoriser une émulation positive pour l’éco-construction.

Mais il est essentiel que le secteur soit accompagné par un environnement favorable. La commande publique doit soutenir le secteur de la construction, notamment par un volontarisme fort en matière de construction et rénovation de logements, notamment sociaux. La TVA dans la construction et le bâtiment, qui vient d’être remontée à 7% doit être remise à 5,5%.

En effet, ce secteur est fragile. Les prévisions pour 2013 sont inquiétantes en matière d’emplois. Ces emplois, par définition non-délocalisables, doivent être soutenus.

La formation des professionnels du secteur doit être renforcée pour que les nouvelles normes et techniques soient diffusées et connues par les différents acteurs. Les filières manquent encore de structuration avec des garanties suffisantes : recherches et développement pour les nouveaux matériaux, certifications, programmes de formation, labels, garanties décennales.

Pour développer massivement cette filière d’excellence dans la construction, un accompagnement ambitieux du secteur doit être assumé par les différentes collectivités en fonction de leurs compétences respectives.

Pour les écologistes, la pose de cette première pierre est un premier pas en faveur de l’innovation dans un domaine porteur tant en matière économique, social et environnemental.

Rappelons que les perspectives en matière d’emplois dans les secteurs de l’énergie renouvelable et l’éco-construction sont de plusieurs centaines de milliers en France, et plusieurs milliers dans notre région.

Pollution de l’air : S’attaquer réellement au problème !

L’Institut de veille sanitaire INVS vient de publier un rapport sur les impacts sur la santé de la pollution atmosphérique urbaine en Europe. Notre région se distingue tristement avec le classement de Rouen et Le Havre parmi les 25 villes les plus polluées d’Europe.

Selon l’INVS, on pourrait éviter par an 100 décès anticipés à Rouen et 50 au Havre si le niveau de pollution redescendait en dessous des normes fixées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La pollution de l’air est un sujet complexe d’origines multiples : agricole, industrielle, résidentielle et liée aux déplacements.

 Pour y remédier il faut donc revoir à long terme et en profondeur notre modèle de société en engageant la transition écologique de nos territoires :

passer de l’agriculture intensive à une agriculture durable, paysanne et biologique (contribuant au passage à lutter contre le grave problème de pollution des nappes phréatiques) ;

 – aider l’industrie traditionnelle à engager sa mutation technologique pour développer l’industrie verte ;

 – engager un vaste programme de rénovation des logements pour améliorer la qualité de l’air intérieur et réduire la consommation d’énergie ;

favoriser des reports massifs de la route vers les transports collectifs pour les passagers, et vers le fluvial et le fer pour les marchandises.

 Mais nous pouvons aussi agir rapidement par le biais de politiques publiques et de décisions politiques :

la mesure prioritaire est l’interdiction des camions sur les quais à Rouen.

 Pour ces camions entrant dans l’agglomération et allant, pour la plupart d’entre eux, dans la zone portuaire, la solution est d’emprunter la rocade sud entre le rond-point des vaches et le zénith, qui a été faite pour eux ;

 – aussi, nous devons développer plus fortement les transports en commun pour réduire les déplacements automobiles : les aménagements de la ligne 7 traversant la CREA est une première victoire des écologistes, mais beaucoup reste à faire comme la ligne ferroviaire Rouen-Evreux ;

 – les pouvoirs publics peuvent contribuer à développer l’agriculture bio et locale ; par exemple en favorisant l’approvisionnement des cantines scolaires par des agriculteurs du terroir et biologiques, à l’image de ce qui se fait à Rouen et dans le cadre du programme Agriculture et Nutrition en cours dans les collèges et lycées.

 C’est l’ensemble de ces mesures qui permettra d’améliorer la qualité de l’air de nos agglomérations et par là même l’attractivité de nos villes et la compétitivité de nos économies.

Contrairement aux déclarations d’Air Normand sur France 3, la réalisation du contournement Est n’apportera aucune amélioration, ni pour les déplacements individuels, ni pour les camions. En effet, les déplacements de transit ne concernent que 20% environ des flux de véhicules personnels et de camions. Même en retenant le principe que l’ensemble des camions de transit emprunte le contournement Est, il y aurait toujours 80% des camions qui circuleraient en ville.

En outre, vu l’état des finances publiques, les seules infrastructures de ce type ayant été réalisées ces dernières années ont donné lieu à des partenariats publics-privés avec installation de péages, entraînant une désaffection massive de ces routes.

Enfin, il serait temps de prendre en compte la crise financière et écologique, qui conduit à l’abandon, les uns après les autres, des grands projets d’infrastructures, le dernier en date étant le grand contournement Ouest de Strasbourg, suite à l’incapacité du délégataire privé pressenti de mobiliser les financements auprès des banques, dubitatives vis-à-vis de la rentabilité d’un amortissement sur 55 ans.

C’est pourquoi les écologistes en appellent à l’esprit de responsabilité de tou-te-s en arrêtant de se cacher derrière des solutions « magiques » telles le contournement Est, pour prendre dès maintenant les mesures qui s’imposent pour préserver notre santé, notre environnement et les emplois d’aujourd’hui et des générations futures.

Pour les groupes d’élu-e-s EELV,

de la Région Haute-Normandie, le Président David Cormand

de la CREA, le Président Cyrille Moreau

de la ville de Rouen, les co-Présidents, Jean-Michel Bérégovoy et Françoise Lesconnec

BILAN DE MI-MANDAT

Le groupe des élu-es EELV et apparenté-es de la CREA a réuni ses adhérent-es de l’agglomération le samedi 12 février autour du bilan de mi-mandat. Au programme, une synthèse, présentée par les conseiller-es communautaire, des actions menées sur cette première partie de mandat, des combats en cours, des perspectives de fin de mandat, suivie d’un temps d’échange sur les thématiques de l’environnement, l’aménagement et le développement économique, les solidarités et valeurs.

Retrouvez notre bilan en ligne :



 

 

http://www.impression-virtuelle.fr/BILAN.html