CONSEIL DE CREA DU 28 JUIN 2010 : NOS POSITIONS ET INTERVENTIONS

> MILIEUX NATURELS ET TERRES AGRICOLES

 La CREA propose d’ouvrir de nouvelles terres agricoles et espaces naturels à l’urbanisation sur la commune d’Hénouville.

Pour apprécier cette décision il est important d’avoir en mémoire qu’Hénouville est située dans le Parc naturel des boucles de Seine, au sein de la Boucle de Roumare en cours de classement  et dans le périmètre de contrainte du futur SCOT (schéma de cohérence territoriale) en cours d’élaboration qui normalement interdit toute nouvelles urbanisation tant qu’il n’est pas finalisé.

Cette décision discrédite les discours de la CREA en faveur de la lutte contre l’étalement urbain et porte atteinte à la crédibilité tant de la procédure de classement des Boucles de la Seine que de l’élaboration du SCOT.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre cette délibération.

> « ECO »QUARTIER FLAUBERT

La CREA proposera au vote de ce Conseil la création d’une SPLA (Société Publique Locale d’Aménagement) chargée de piloter le développement du futur quartier Flaubert.

Si le groupe des élu-es Verts et apparenté-es est favorable au statut retenu il s’étonne du mode de gouvernance de cette structure et des missions qui lui sont attribuées par ses statuts.

En effet, un « éco quartier » se caractérise principalement par la place accordée à l’environnement et à la participation de ses résidents. Ce n’est pas le cas de cette SPLA dont le Conseil d’administration restreint ne laisse aucune place aux habitants ni à la société civile et dont les objectifs qui lui sont assignés sont pour l’essentiel très éloignés des préoccupations environnementales. Cela a au moins le mérite de la clarté sur  la réalité des ambitions environnementales de la CREA pour le quartier Flaubert.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre cette délibération

> OPERATEURS D’ENERGIE : UN TICKET D’ENTREE DANS LES COMMUNES !

Le Conseil devra se prononcer sur la mise en place de partenariats avec les opérateurs d’énergie ERDF et GRDF sur des missions de conseil à l’aménagement urbain. Bien que gratuits, ces partenariats ne sont pas sans poser question.

Pourquoi un tel partenariat gratuit ? L’intérêt économique est évident à réaliser cette prestation d’accompagnement. Ce travail de lobbying vise à orienter les choix énergétiques des communes.

Le dossier GrDF parle d’ailleurs de prise en compte de la protection de l’environnement via le « mix énergétique ».  Traduire consommer du gaz est bon pour l’environnement. Rien de moins qu’une incitation à restreindre le choix à la seule alternative gaz et électricité. Cette position est inacceptable pour les élu-es Verts et apparenté-es de la CREA, en lien avec le combat contre le terminal méthanier d’Antifer. Nous ne pouvons accepter l’institutionnalisation de tels partenariats.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera contre ces délibérations

> LE SCANDALE DES TARIFS DU TRANSPORTS COLLECTIFS

 La CREA se distingue une fois de plus en matière de politique des transports en soumettant ce jour en Conseil une augmentation globale de 3,1% des tarifs à compter du 1er septembre 2010 qui tranche en période de crise.

Elle justifie cette augmentation par la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du réseau de transport unique sur lequel les voyageurs seront munis de titre unique et des améliorations sensibles de l’offre de transport.

Ces augmentations constituent une véritable injustice au regard de l’évolution du coût de la vie. En effet, l’inflation en 2009 était de 0,1% et les prévisions 2010 sont de 2% ce qui contraste avec l’augmentation de 4,5% des abonnements mensuels et annuels !

Enfin, on peut s’interroger sur la portée pédagogique d’une telle décision qui associe l’amélioration de la qualité des services publics à une forte augmentation des tarifs. Après cela il y aura-t-il encore un usager favorable au développement des transports en commun ?

> LANCEMENT DU PLAN LOCAL D’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT

La CREA lancera à l’occasion de ce Conseil son plan local d’éducation à l’environnement sous le pilotage de Marie Savoye, conseillère communautaire déléguée à l’éducation à l’environnement.

Ce vaste chantier, qui touche des sujets aussi variés que les déplacements, l’air, l’eau, les déchets, la préservation des espaces naturels vise avant tout le jeune public, futurs éco citoyens.

Le groupe des élu-es Verts et apparenté-es votera pour cette délibération.

> CONTOURNEMENT EST ET AXE SEINE

Le Président fera un point sur le contournement Est et l’axe Seine (ferroviaire) en réunion des Vice-Présidents.

C’est l’occasion pour le groupe des élues Verts et apparenté-es de rappeler ses positions sur ces deux sujets.

Son opposition au projet s’appuie de contournement Est non seulement sur son coût prohibitif, un milliard d’euros, ses nuisances  environnementales, l’absence d’impact significatif sur la circulation, mais aussi sur son délai de réalisation, 2025, soit bien après le pic du pétrole.

Le contournement Est plus que jamais un anachronisme. Il est urgent de réaffecter les crédits provisionnés à la réalisation de transports en commun.

Concernant l’axe Seine et la ligne LGV, le groupe est favorable à la proposition de ligne à haute performance réalisée dans des coûts et des délais raisonnables. Il est cependant opposé à toute solution qui consisterait à créer une ligne nouvelle pour  mettre Le Havre à 1h15. Le coût serait prohibitif pour les pouvoirs publics, entre 7 et 9 milliards d’euros, mais gageons-le également pour les utilisateurs, qui verront le prix de leur billet augmenter. Sans compter que le développement d’une ligne LGV risque de se concrétiser au détriment des lignes régionales.

Il y a urgence à régler les difficultés des usagers du train et du fret. Aussi, le groupe des élu-es Verts et apparenté-es appelle ses collègues à ne pas céder aux sirènes des « trains magiques ».

POUR UNE POLITIQUE SPORTIVE EGALITAIRE ET TRANSPARENTE

[Conseil de CREA du 29/03/10 – Délibérations 21-22-23 d’attribution de subventions aux clubs sportifs]

Intervention de Nathalie Maine, conseillère communautaire

Monsieur le Président, cher-es collègues,

Je souhaiterais réagir au nom du groupe des élu-es Verts et apparenté-es, sur cette délibération et les deux suivantes qui portent  sur le même sujet et qui sont passées en bureau,  pour l’attribution d’une subvention  de 3000€ à la condition de l’intérêt communautaire que nous examinons maintenant.

Tout d’abord, je souhaite rappeler que notre groupe s’est exprimé « contre » la subvention de 280 000 € accordée, lors du dernier Conseil, au SPO Rouen basket ball,  car nous ne soutenons pas, nous l’avons expliqué, les subventions qui servent à l’équilibre financier des clubs professionnels  mais plutôt celle qui soutiennent le sport amateur et accessible à tous.

Nous savons que les besoins des citoyens de la CREA sont nombreux en matière de sport. Dans ces besoins, on peut citer : l’aide pour l’achat d’équipement individuel, le paiement des licences, l’aide pour l’accès au sport des personnes à autonomie réduite, le soutien à la formation d’éducateurs sportifs et des bénévoles, à la parité homme-femme ou à une plus grande mixité dans le sport…

Aujourd’hui, nous sommes dans un cas différent et nous voterons bien sûr ces 3 délibérations, en saluant à cette occasion le rôle que remplissent les clubs amateurs pour faire exister ce sport pour tous que nous défendons, tourné vers les jeunes et vecteur de cohésion sociale.

Cependant, Monsieur le Président, si la CAR a défini en 2003 la reconnaissance de l’intérêt communautaire des activités des clubs locaux évoluant en niveau national sur la base notamment du rayonnement d’agglomération, (et nous en avons un exemple récent  avec le club de Quevilly) ;  aujourd’hui, trois questions se posent :

– Quelle conditionnalité et quels critères sont utilisés pour attribuer les subventions CREA ?

– Y-a-t-il un forfait, de 3000 euros en l’occurrence, voté ou défini ?

– Une politique sportive et de subventionnement a-t-elle été décidée sur ce nouveau territoire ?

 Je veux par là, Monsieur le Président, insister sur la nécessité de définir cette politique cohérente de subventionnement des associations -et cela vaut pour le sport comme pour le culturel et le social- et sur la nécessité de transparence sur les critères d’attribution qui seront avancés.

Ce travail, et son appropriation par les communes de la CREA, en lien avec les associations sportives installées sur leur territoire, pourrait être inscrit à l’ordre du jour d’un prochain groupe de travail sport.

Merci.