Participez à nos cafés citoyens pour une Métropole durable !

Le 1er janvier 2015, la CREA deviendra Métropole. Depuis les élections de mars 2014 les services et les élus des communes et de l’agglomération préparent cette transformation. Dans cette perspective, les groupes politiques de la CREA sont sollicités sous la forme d’une contribution qui viendra enrichir le projet métropolitain.

Nous, élus écologistes, souhaitons co-élaborer notre contribution avec les acteurs-trices de la société civile qui souhaitent faire entendre leur voix, afin que soit prise en compte leur expertise associative ou citoyenne dans cette étape historique pour notre territoire.

Nous organisons dans le cadre de cette démarche ouverte, une série cafés citoyens dans plusieurs lieux de l’agglomération   :

– le 18/09 à Mt-St-Aignan
De 20h à 22h à l’AS des Coquets (place des coquets, T1 arrêt Les Coquets)
Café citoyen pour un projet de Métropole durable
« Quelle politique énergétique dans une Métropole durable ? »

– le 25/09 à Rouen
De 18h à 20h, au café l’Authentique (place de la Mairie de Rouen)
Café citoyen pour un projet de Métropole durable
« Quelle politique d’habitat dans une Métropole durable ? »

– le 9/10 à Petit-Quevilly
De 18h30 à 20h30, au Bar la Tallandière (sur la place de l’immeuble de Seine Innopolis, métro Jaurès)
Café citoyen pour un projet de Métropole durable
« Comment se déplace-t-on dans une Métropole durable ? »

– le 16 octobre à Canteleu
De 18h30 à 20h30, à l’Agora (Centre A. Calmat, Avenue Buccholz, T3, arrêt Hôtel-de-Ville)
Café citoyen pour un projet de Métropole durable
« Métropole durable et environnement ! »

Ces cafés citoyens seront l’occasion de s’informer sur le passage en Métropole et de recueillir les avis, inquiétudes, priorités des acteurs territoriaux présents.

Rejoignez-nous pour participer à notre démarche ouverte !

Enfin, au-delà de ces réunions, nous sommes à  disposition de tous pour échanger, par mail, courrier ou lors d’un rendez-vous qui vous conviendra, sur votre vision et vos priorités en matière de construction métropolitaine, afin d’en tenir compte dans notre démarche (utilisez notre formulaire de contact).

Nous élaborerons, à l’issue de ce processus, notre contribution « Pour un projet de Métropole durable » présentée à l’exécutif de la CREA et à la presse.

Pour le groupe des élu-es écologistes de la CREA / future Métropole Rouen Normandie
Cyrille Moreau, Président

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Des solutions pour concilier emploi et environnement : notre tribune dans le CREA Mag de l’été 2013

Dans un contexte économique difficile qui touche particulièrement la CREA (taux de chômage supérieur à la moyenne nationale, revenu par ménage inférieur) nous devons accélérer la transition économique de notre territoire et inventer notre sortie de crise. Comment ?

En pariant de façon réaliste sur l’avenir, avec le choix d’une stratégie équilibrée et variée :
– autour de la conversion de l’économie lourde (tissu industriel et bâtiment) vers les technologies vertes et progressistes, pour donner à tous un accès à l’emploi ;
– en diversifiant les activités économiques légères, le développement du tertiaire, de l’agriculture durable et du tourisme.

La CREA a entamé le redéploiement de son offre touristique, ce qui est une bonne chose si nous allons au bout de la stratégie. A l’instar des investissements pour l’industrie, le pari touristique a un coût qui doit être porté par les collectivités et les professionnels, en misant plus sur notre patrimoine naturel, gastronomique et historique, sur la qualité d’accueil et d’hébergement, la richesse et la variété de l’offre culturelle. Cette nouvelle donne économique permettra un réel redéploiement d’emplois non délocalisables.

Nous écologistes défendons des solutions pour concilier emploi et environnement, industrie et tertiaire, pour que chacun trouve sa place sur notre territoire.

Pour le groupe des élu-es EELV de la CREA,
Cyrille Moreau, Président

Au Conseil de CREA de février 2013 : nos positions et interventions

Au Conseil de la CREA du 4/02, les élu-es EELV de la CREA sont intervenu-es sur plusieurs sujets phares :

[D4] REGLEMENT D’AIDES AGRICOLES POUR LES FILIERES COURTES DURABLES

Vote : POUR ; Intervention Pascal Magoarou

Le premier plan d’action pour l’agriculture périurbaine a vu le jour à la CREA en octobre 2012. Pascal Magoarou présente aujourd’hui une délibération qui vise à affiner le règlement d’aides agricoles pour les filières courtes et durables, avec notamment un complément au règlement en matière de justification des actions menées pour la protection de la ressource en eau. Le groupe vote cette délibération.

[D5] RAPPPORT DE CONCESSION ROUEN SEINE AMENAGEMENT

Vote : CONTRE ; Intervention de Cyrille Moreau

Le rapport sur l’aménagement de la zone d’activités de la Villette, confié à Rouen Seine Aménagement, rend compte de toutes les difficultés rencontrées par le concessionnaire dans l’aménagement de cette zone d’activité en périphérie, mal desservie en transports collectifs, installée sur des terres naturelles et agricoles, sans vocation logistique multimodale, et qui pousse son concessionnaire à revoir sa stratégie, reporter les projets envisagés, relancer des études, à la suite d’un ensemble de difficultés (notamment en matière hydraulique). Cela vient conforter les écologistes dans leur positionnement pour une politique de zones d’activités plus cohérente et plus respectueuse de nos territoires.

Le groupe des élu-es EELV de la CREA ne peut valider de tels choix et un tel compte-rendu d’activités. En cohérence avec ses positions précédentes sur le sujet, et vote contre cette délibération.

[D9] RAPPORT DE SITUATION SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE

Vote : POUR ; Intervention David Cormand

La CREA présente au vote des élus ce jour un rapport de situation sur le développement durable qui étonne pour le moins les écologistes de l’agglomération.

Pour rappel en juin 2009 la CAR avait présenté à son conseil d’agglomération un plan d’action pour une écocommunauté, avec 12 chantiers et des objectifs chiffrés pour 2015 : 45% de taux de recyclage des déchets, 20% de réduction des gaz à effet de serre, 25% d’augmentation du nombre de déplacements en transport en commun, etc. Même si ce plan comprenait à notre sens des lacunes importantes*, il avait le mérite d’être clair et concret. Il semble définitivement abandonné, ce qui est vivement regrettable. Le nouveau document aujourd’hui proposé est en fait un exercice imposé à toutes les agglomérations de + de 50.000 habitants par l’article 255 de la loi Grenelle 2 de juillet 2010, qui résume les principales orientations des PCET, PLH, PDU et du SCOT en préparation et n’apporte pas de valeur ajoutée.

Or s’il est déplorable de ne pas reprendre les objectifs de 2009 pour des raisons de cohérence dans la définition et le suivi des objectifs d’amélioration, il est proprement étonnant de lire combien ce rapport traduit le manque d’enthousiasme de la CREA qui ne fait d’autre proposition que celle de « la continuité ». Comment peut-on s’inscrire dans la continuité après les évènements marquants que nous venons de vivre : le pont Mathilde n’a pas brulé, l’usine Lubrizol n’a pas laissé échapper de gaz ? Nous n’avons pas d’urgence à mener avec cohérence et appliquer nos politiques en matière de développement durable ? Pour ces raisons les élu-es écologistes de la CREA s’abstiennent sur cette délibération.

*le Plan d’action pour une éco-communauté avait fait l’objet de nombreuses remarques des écologistes qui avaient obtenu d’y intégrer des objectifs d’amélioration de la qualité de l’air, de préservation de nos espaces naturels et de notre biodiversité, d’amélioration de la desserte des zones d’emploi, de dépollution des sols, de protection de la ressource en eau et lutte contre les ruissellements. Des critiques avaient aussi été formulées : absence d’objectifs d’amélioration du transport des marchandises, maintien du transit des camions en centreville et du développement des zones d’activités périurbaines, pas de compensation énergétique des bâtiments, etc.

[D12] PLAN D’ACTIONS POUR L’EGALITE DES CHANCES ET LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

Vote : POUR ; Intervention Jean-Michel Bérégovoy

Depuis 2008 la CREA développe une politique globale autour des questions de discrimination sous l’autorité de Jean- Michel Bérégovoy, Vice-président en charge de la délégation « lutte contre les discriminations », domaine reconnu d’intérêt communautaire en 2011. M. Bérégovoy présente ce 4 février le premier plan d’actions pour l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations, fruit d’un travail de réflexion, de concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire (associations, entreprise, institutions) et de mise en cohérence de l’existant.

Deux diagnostics ont été réalisés en amont en 2011 et 2012 : diagnostic des discriminations dans l’emploi et la gestion des ressources humaines, réalisé par la CREA avec le soutien méthodologique du Cabinet AIP-S ; diagnostic des discriminations liées au genre et à l’origine dans l’accès aux études supérieures et aux stages, financé par l’ACSE et co-animé par la CREA et la Direction Régionale de la Jeunesse, du Sport et de la Cohésion Sociale. Il est adossé à la mise en place d’une instance de pilotage, la CREALDE (Commission Rouen Elbeuf Austreberthe de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité) qui aidera à définir de manière partenariale les priorités d’actions en matière de lutte contre les discriminations et en faveur de l’égalité qui peuvent être retenues dans le cadre du plan territorial. Le groupe des élu-es EELV de la CREA salue ce plan et vote cette délibération.

[D14] PLAN D’ACTIONS POUR LA MISE EN OEUVRE DE LA GESTION DIFFERENCIEE VERS LE « ZERO PHYTO »

Vote : POUR ; Intervention Pascal Magoarou

Pascal Magoarou, Vice-président à l’environnement et l’agriculture périurbaine, présente ce jour le Plan d’actions pour la mise en oeuvre de la gestion différenciée sur le territoire de la CREA vers le « zéro phyto ». Ce plan veut engager l’essentiel des gestionnaires d’espaces verts et de voiries du territoire de la Communauté dans une gestion différenciée (sans pesticides) à l’horizon 2020 : avec une CREA exemplaire d’abord, puis en accompagnant les communes volontaires, les entreprises, les particuliers, et en menant en parallèle une campagne active de communication sur le programme « CREA zéro pesticides en 2020 ». Les écologistes de la CREA saluent ce plan et votent cette délibération.

[D24] Subventions au sport professionnel

Vote : CONTRE ; Intervention Françoise Lesconnec

En cohérence avec nos positions en 2010, 2011 et 2012, nous rappelons que nous défendons le sport amateur, le sport associatif et le bénévolat sportif encadré. Nous ne sommes par contre pas favorables à une contribution permettant d’aider à l’équilibre financier d’organismes professionnels. Les communes ont aujourd’hui toutes les difficultés à répondre aux demandes de subventions d’associations, notamment sociales, et à accompagner avec des moyens adéquats la formation des bénévoles et dirigeants associatifs du monde du sport, souvent isolés, alors que leur engagement est admirable et que les besoins sont là. Notons aussi qu’il a régulièrement été rappelé en Conseil de CREA que les subventions accordées à ces clubs étaient ponctuelles et ne seraient plus nécessaires quand les clubs seraient dotés de moyens structurels. Le Groupe des élu-es EELV vote donc contre cette délibération.

[D30] Budget 2013

Vote : POUR et Contre (ZAE) / ABSTENTION (Transports) ; Intervention Cyrille Moreau

Le budget 2013 de la CREA s’inscrit dans un contexte de crise et de gel des dotations d’Etat qui n’empêche pas la CREA de maintenir ses comptes avec un ratio de désendettement à 5,1 ans. En clair cela maintient sa capacité d’investissement au moment où l’on définit notre projet de territoire au travers de l’élaboration de notre SCOT. Cependant, notre groupe ne se satisfait pas pour autant de l’ensemble des orientations de ce document.

A l’image des années passées, nous ne soutenons pas la politique des ZAE : elle voit la montée en puissance du CREAParc de la Ronce, qui passe de 2 ,5 à 4,2 M€ alors même que ses résultats sont plus que mitigés d’un point de vue économique, pour des impacts environnementaux sur les terres agricoles et naturels certains. C’est pourquoi, nous votons CONTRE le budget annexe des ZAE.

Par ailleurs, nous tenons à faire part de nos inquiétudes concernant la politique des transports de la CREA : notre effort d’investissement est divisé par trois entre 2012 et 2013 en passant de 121 à 39 M€ ! On ne peut pas accroitre la capacité du tramway tous les ans, mais pourquoi baisser les bras en si bon chemin, alors que nous engagions un rattrapage de notre réseau de transports collectifs en se rapprochant des agglomérations comparables ?

Et que penser de l’évolution de la section de fonctionnement ? Nos recettes se sont accrues de 11 M€ et nos dépenses n’ont augmenté que de 4 M€, soit un effort sur le budget principal en faveur des transports collectifs réduit de 7 M€, et cela quand le seul versement transport a augmenté de 11 M€. C’est d’autant plus regrettable que des efforts importants, notamment en matière de fréquence et d’amplitude horaire, restent à réaliser pour convaincre nos concitoyens de renoncer à la voiture pour les transports collectifs. Sur la ligne 4 par exemple, on a encore des fréquences de 17  minutes en fin de matinée et de plus de 10 minutes dans l’après-midi, soit un niveau de service très loin de ce qu’on peut attendre d’une ligne dite structurante ! Parallèlement, s’il faut se féliciter du maintien à un bon niveau de l’investissement en faveur des infrastructures cyclables avec plus de 7,4 M€ en 2013, notre groupe souhaite revenir sur la question centrale de l’aménagement des quais hauts rive droite : sans cette infrastructure, notre agglomération ne disposera pas d’un maillon cohérent permettant les circulations entre les communes de notre agglomération, rendant de facto moins pertinents les investissements réalisés sur les communes de la couronne.

La ville de Rouen a fait part de son intention de réaliser, après la réouverture du pont Mathilde, un aménagement busvélos- taxis sur la voirie, c’est une bonne chose, même s’il faudrait dès à présent lancer les études de faisabilité. Pour autant cette volonté politique ne règle pas le besoin d’un aménagement est-ouest, puisque le site propre est prévu jusqu’au théâtre des arts et qu’il est nécessaire de prolonger l’aménagement cyclable à minima jusqu’au boulevard des Belges.

C’est pour cela que nous réaffirmons la nécessité de relancer les études d’un aménagement cyclable dès cette année, sans attendre la réouverture du pont Mathilde, afin d’offrir aux usagers du vélo un réseau cyclable cohérent sécurisé, condition indispensable au développement massif du vélo, qui plafonne actuellement à 2% des déplacements sur notre agglomération.

Le groupe des élu-es EELV de la CREA vote le budget principal et les budgets annexes, à l’exception du budget des ZAE (contre) et des transports (abstention).

Et en Bureau :

– D7 : Plan d’actions agriculture périurbaine

Vote : POUR ; Intervention Pascal Magoarou

Pascal Magoarou propose au vote du bureau la convention cadrant l’étude définissant les potentialités de développement de l’agriculture biologique sur le territoire de la CREA, convention à intervenir entre les Défis ruraux, le Groupement Régional des Agriculteurs Biologiques de Haute-Normandie, inter Bio Normandie et Terre de Liens. La « plateforme » (regroupant les acteurs cités) mettra ainsi son expertise au service de ce plan qui contient un volet « production agricole » et un volet « débouchés » pour lesquels leurs compétences sont reconnues. Le Groupe des élu-es EELV vote cette délibération.

– D11 et 12 : Education à l’environnement, convention EEDD

Vote : POUR ; Intervention Marie Savoye

Une convention cadre de partenariat « Etablissements et Ecoles du Développement Durable de Haute-Normandie » (EdDD) à intervenir avec 15 partenaires et une autre avec l’AREHN permettent de voir se décliner le plan local d’éducation à l’environnement, porté par Marie Savoye, Déléguée à l’éducation à l’environnement, voté en décembre dernier. L’AREHN développera les thématiques de jardinage durable et d’éco-mobilité dans le cadre d’un programme pluri-annuel de trois ans pour lequel une subvention est votée, et les 15 partenaires des établissements et écoles du développement durable de Haute-Normandie (EdDD) voient leur convention cadre votée lors de ce Conseil. Le groupe des élu-es EELV de la CREA saluent cette démarche et vote les deux délibérations.

– D13 : Marais du Trait, élagage et plantation, convention PRBSN-Le Trait :

Vote : POUR ; Intervention Pascal Magoarou

Dans le cadre du plan de gestion conservatoire des habitats et espèces du Marais du Trait, le Parc Régional des Boucles de Seine Normande pourra bénéficier de la campagne d’élagage et d’entretien des haies et arbres têtards. Le Groupe des élu-es EELV vote cette délibération.

– D 51 et 52 : Plaine de la Ronce, acquisitions foncières

Vote : CONTRE ; Intervention David Cormand

Ces deux délibérations concernent des transferts d’activités d’entreprises bénéficiant de locaux en coeur d’agglomération, accessibles à leur publics, vers des zones d’activités périurbaines non desservies en transports structurant et plus globalement sans cohérence. Nous ne pouvons pas maintenir un double langage –orientations urbaines durables dans le SCOT et actes contraires dans la politique de zones d’activités périurbaines. Conformément aux votes précédents, les élu-es EELV de la CREA votent contre ces deux délibérations.

Bureaux aux bouillons : une erreur économique et écologique !

[Communiqué des élu-es écologistes du groupe Mont-Saint-Aignan Autrement et de la CREA]

Jeudi 21 février, le Président du Club de la Vatine a déclaré que la volonté de la municipalité de préserver la ferme des bouillons, et plus largement les terrains du Bel Event, n’était pas bonne d’un point de vue économique.

Pour les élu-es écologistes de Mont-Saint-Aignan et de la CREA, c’est tout le contraire : la poursuite du développement de la zone d’activité sur le Bel Event serait une erreur économique, tant pour la ville que pour la CREA.

En effet l’agence d’urbanisme a démontré lors des études préalables sur la création d’une nouvelle gare rive gauche de Rouen que notre agglomération avait un déficit de 10 000 emplois tertiaires supérieurs par rapport aux agglomérations équivalentes en taille. Ce déficit s’explique notamment par l’absence d’un pôle de bureaux majeur connecté par les transports collectifs performants à la gare.

Aujourd’hui lorsqu’une entreprise cherche à implanter une activité de plus de 500 salariés et qu’elle cible potentiellement Rouen, il lui est impossible de trouver une offre de bureau existante. Ainsi depuis des années, nous passons à côté de plusieurs milliers d’emplois liés à ces projets. C’est pourquoi la CREA a récemment décidé de changer de stratégie en matière de développement économique et d’arrêter la dispersion de l’offre tertiaire sur des zones d’activités sur les terres agricoles et espaces naturels.

C’est pour cela que la CREA a décidé de privilégier le renouvellement urbain, la réalisation de zones d’activités sur des friches urbaines et industrielles et de favoriser la concentration de l’offre tertiaire sur des pôles de bureau connectées aux transports structurants.

En outre sur un plan écologique, on ne peut mettre au même niveau la volonté du Club de la Vatine de mettre en service une navette de transport privée entre Rouen et la Vatine, et la destruction définitive de 20 hectares d’espaces naturels et agricoles en coeur d’agglomération !

Cet espace pourrait à la fois constituer un poumon vert, un réservoir de biodiversité, mais aussi un centre d’éducation à l’environnement, sans oublier l’accueil d’activités maraîchères et agricoles qui pourrait fournir en circuit court les habitants de Mont-Saint-Aignan et les salariés de la Vatine.

C’est pourquoi les élu-es écologistes de Mont-Saint ont déposé en Conseil municipal des amendements visant à protéger l’espace du Bel Event, et agissent également à la CREA pour que ce site soit inscrit comme espace agricole protégé dans le cadre du Schéma de cohérence territorial en cours d’élaboration.

Camions en centre ville : à qui profite le crime ?

[Communiqué du 5 février 2013]

Un certain nombre d’acteurs économiques, notamment les opérateurs portuaires, les représentants des transporteurs routiers, la chambre de commerce et d’industrie de Rouen, font depuis plusieurs semaines le forcing auprès des autorités de l’Etat et des collectivités (ville de Rouen, CREA) pour que les camions reviennent dans le centre-ville, notamment sur les quais rive droite et rive gauche de Rouen.

Ils prétendent que le détour qu’on leur fait faire, par l’A29 et l’A150, pour accéder au port depuis l’accident du pont Mathilde, est économiquement insupportable, en plus de s’acquitter d’un coûteux péage pour les 16 km de l’A29 (beaucoup de camions préfèrent de ce fait envahir la D929 entre le Pucheuil et Tôtes). Ce sont les mêmes qui réclament un contournement est, et le péage indispensable qui irait avec d’après les études de faisabilité…

Dans leur démonstration, ils développent uniquement les aspects économiques et passent sous silence le volet environnemental, et notamment l’impact sanitaire de la circulation des camions en coeur d’agglomération. Alors parlons-en justement :

Une récente étude européenne, dénommée APHEKOM, a mis en évidence que la pollution de l’air était responsable d’une centaine de décès prématurés par an à Rouen. La circulation de camions et voitures est une des principales causes de la pollution de l’air en coeur d’agglomération.
En outre, Air Normand a démontré que, depuis l’accident du pont Mathilde, l’engorgement de la circulation, malgré la décision appropriée du Préfet de détourner les camions du centre-ville, a eu pour conséquence une élévation de 17 à 20 % de la pollution de l’air. On peut en déduire que l’impact sur la santé des riverains est accru d’autant.

Mais tout cela ne semble pas problématique aux acteurs économiques dont on parle… On peut encore y ajouter les camions, tant pis pour la santé des habitants et tant pis si les camions sont eux aussi bloqués dans les embouteillages…

Ces positions sont d’un autre âge ! On ne peut continuer à nous faire mener par ceux qui prétendent orienter les choix de notre agglomération au nom d’une « attractivité » en réalité réduite aux seuls intérêts étroits, de court terme, de la poignée d’entreprises qu’ils représentent, et cela au prix de notre environnement, de notre santé ou de notre sécurité et au prix de la dégradation durable de l’image de notre ville et de notre région, qui coûte en réalité bien plus cher à nos collectivités et nos habitants qu’il n’y paraît…

Pour les groupes d’élu-es EELV,

David CORMAND, Président du groupe EELV de la Région Haute-Normandie,
Cyrille MOREAU, Président du groupe EELV de la CREA ;
Françoise Jean-Michel LESCONNEC & BEREGOVOY, Co-présidents du groupe EELV de la Ville de Rouen

La lettre de Mme Bérégovoy au Préfet de Haute-Normandie

La lettre de Véronique Bérégovoy, vice-présidente à l’environnement de la Région, adressée ce jour au Préfet de Haute-Normandie sur la catastrophe industrielle survenue sur le site de Lubrizol – Rouen :

ROUEN, le 22 Janvier 2013

 » Monsieur le Préfet,

En tant que Vice-présidente à l’environnement de la Région Haute-Normandie, j’ai eu la charge de co-piloter l’élaboration du Plan Régional de la Qualité de l’Air (PRQA) et plus récemment avec vos services le Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) en cours d’enquête publique.

A ce titre, confrontée à ce que vous qualifiez « d’incident » survenu sur le site de l’usine Lubrizol dans l’agglomération rouennaise, j’ai essayé d’obtenir des informations pour apprécier la nature du risque concernant cet accident.

Force et de constater qu’il m’a été difficile d’obtenir une information claire et précise et que les quelques éléments portés à ma connaissance ont rapidement été remis en cause par l’évolution des évènements.

J’en conclu que nos concitoyens et en particulier les habitants de la CREA ont du se trouver fort démunis face à cette situation. Cela souligne la défaillance des pouvoirs publics en matière d’information et de transparence sur un accident industriel.

D’ailleurs, je me permets de porter à votre attention que le Mercaptan n’est pas aussi inoffensif que les communiqués de la Préfecture ont bien voulu laisser entendre. En effet, par la voix de votre Directrice de cabinet, vous communiquez sur le fait qu’il n’y a aucun danger et que le niveau de pollution mesuré est très inférieur au seuil d’alerte de 100 ppm. Alors que dans le même temps vous précisez que les niveaux de gaz mesurés en sortie de cheminée sont déjà à 80 ppm ce qui vient contredire vos déclarations rassurantes.

J’en suis d’autant plus inquiète que la fiche toxicologique du Mercaptan précise qu’il est toxique par inhalation. En outre, même lorsque celui-ci est présent en deçà des seuils d’alerte, il est particulièrement incommodant pour les personnes les plus sensibles et notamment celles souffrant d’affections respiratoires et cutanées chroniques. N’oublions pas non plus que notre société compte de plus en plus de personnes ayant développé une ultra-sensibilité à l’exposition aux produits chimiques.

Aussi, Monsieur le Préfet, ce n’est pas parce que le danger n’est pas mortel qu’il ne faut pas prendre de précautions: le Ministère de l’Intérieur aurait dû appeler à la vigilance et demander aux riverains et aux personnes sensibles de rester confinées chez elles pour ne pas saturer les pompiers d’appels – à juste titre – anxieux.

Par conséquent, je vous demande solennellement de bien vouloir en toute transparence informer l’ensemble des pouvoirs publics et habitants des communes exposées à cette fuite de gaz.
Nous sommes en droit de connaitre le déroulé exact de cet accident, son origine, sa nature, les risques auxquels la population est exposée, les mesures qui seront prises pour que cela ne se reproduise pas.

Dans l’attente de votre réponse,

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Préfet, mes salutations respectueuses.

Véronique BEREGOVOY »

LUBRIZOL : USINE A RISQUE EN PLEIN CŒUR DE VILLE !

[Communiqué des élu-es EELV CREA, ville de Rouen, Région Haute-normandie]

Catastrophe industrielle

Le 21 janvier 2013, à partir de 8h du matin, une fuite de mercaptan sur le site de Lubrizol a eu comme conséquence de répandre une odeur extrêmement désagréable, provoquant de nombreux maux de tête et des gênes respiratoires auprès des populations du département, allant même jusqu’à Paris.
D’après Paris-Normandie, la préfecture aurait communiqué l’information hier à 12h54, alors même que l’entreprise Lubrizol a choisi de communiquer à minima.

Les écologistes Haut-normands dénoncent cette situation surréaliste en matière de gestion des risques industriels sur notre territoire.

Le droit à l’information !

L’entreprise, la préfecture de Seine-Maritime et le ministère de l’Intérieur ont répété que ce dégagement était « non toxique » et que d’ailleurs on se situait en-dessous des normes… des normes de toxicité ? Est-ce aussi parce que ce n’est pas toxique que le match Rouen-Marseille est annulé ce soir ?

Ce nouvel accident industriel fait encore une fois la preuve que la désinformation officielle est bien au cœur du problème. Beaucoup ont appris cet accident et ses conséquences par les réseaux sociaux et le bouche à oreille. D’une manière générale, qui serait vraiment capable dans la population de préciser les risques auxquels nous sommes exposés, où obtenir l’information et quelle attitude adopter en cas d’accident majeur ? Ce qui provoque angoisse, rumeur et désorganisation : les services d’urgence ont été rendus inopérationnels car saturés d’appels et des consignes contradictoires ont été données par différents organismes.

Nous écologistes, demandons que soient systématiquement appliquées des procédures d’information établies et qu’à chaque crise soient faites des réponses claires pour mesurer la réalité du risque : pourquoi la fuite n’a pas été maitrisée avant émanation ? De quel gaz précis s’agit-il ? Quelles concentrations ont été mesurées par rapport aux normes concernées ? « Les habitants de l’agglomération doivent légitimement être informés, en toute transparence, des conséquences d’une fuite de gaz, qui se propage sur l’ensemble de l’agglomération en quelques heures, et qui atteint rapidement Paris et sa région. » revendique Pascal Magoarou, Vice-Président écologiste à l’environnement à la CREA.

Le droit à la sécurité !

Cette nouvelle fuite relance le débat de la gestion des risques industriels au travers des PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) et de leur compatibilité avec le nécessaire développement urbain. Notre territoire est emblématique du modèle de développement économique basé sur les énergies fossiles et l’industrie chimique qui fait peser dans nos villes une menace permanente sur les habitants.

« On ne peut négliger l’extrême fragilité des sites industriels en zone urbaine, où un accident peut survenir à tout moment. Quelle est l’efficacité des plans de prévention des risques technologiques ? » interroge Jean-Michel Bérégovoy, Co-président du groupe EELV à la ville de Rouen. « On a dénoncé, lors de l’élaboration du PPRT Lubrizol en avril 2010, la séparation du PPRT en 2 zones qui ne nous semblait pas pertinente. La délibération proposée précisait d’ailleurs que la Ville n’avait pas connaissance de tous les éléments pour décider en toute connaissance de cause. Les mesures prises pour assurer la sécurité des personnes (expropriation et sécurisation) dans les entreprises à risque en fonctionnement ici et ailleurs (71 sites Seveso sur notre agglomération) sont insuffisantes. L’usine Lubrizol est, rappelons-le, située en limite de futur écoquartier Flaubert ! ».

Pourquoi en effet une telle surprotection des entreprises industrielles et portuaires ? Ce n’est en outre pas la première fuite de mercaptan chez Lubrizol. Comment est-il possible que ne soit pas remis en cause le privilège exorbitant d’un industriel qui a ainsi le « droit » de nuire à la qualité de vie et à la santé de millions d’habitants, probablement en toute impunité ? L’entreprise Lubrizol est au cœur d’enjeux économiques importants pour la zone rouennaise, où elle a choisi d’étendre ses activités industrielles au détriment du site d’Oudalle (près du Havre).

Responsabilité publique et application des PPRT

Au-delà de cet accident, il faut s’interroger sur une organisation qui autorise une telle concentration d’usines en zone urbaine dense, et réfléchir à la définition du risque acceptable.

Et, sujet directement lié, il faut aussi revenir sur les moyens à disposition des communes et des habitants pour se protéger quand le risque est là, de toute façon. Car la baisse des aides prévues dans le Grenelle, de 40% à 15%, fait reporter sur les seuls habitants la totalité de la responsabilité des risques industriels, en n’ayant d’autre choix que de prendre en charge les travaux nécessaires à leur protection.

Nous élu-es écologistes proposons, dans l’attente d’une disposition nationale obligeant les industriels à assumer leur responsabilités, de constituer un fond public d’aide aux résidents pour la réalisation des travaux prescrits dans le PPRT.

Les Président-es de groupe EELV de la Région, de la CREA, de la Ville de Rouen

David Cormand, Cyrille Moreau, Francoise Lesconnec et Jean-Michel Bérégovoy