Camions en centre ville : à qui profite le crime ?

[Communiqué du 5 février 2013]

Un certain nombre d’acteurs économiques, notamment les opérateurs portuaires, les représentants des transporteurs routiers, la chambre de commerce et d’industrie de Rouen, font depuis plusieurs semaines le forcing auprès des autorités de l’Etat et des collectivités (ville de Rouen, CREA) pour que les camions reviennent dans le centre-ville, notamment sur les quais rive droite et rive gauche de Rouen.

Ils prétendent que le détour qu’on leur fait faire, par l’A29 et l’A150, pour accéder au port depuis l’accident du pont Mathilde, est économiquement insupportable, en plus de s’acquitter d’un coûteux péage pour les 16 km de l’A29 (beaucoup de camions préfèrent de ce fait envahir la D929 entre le Pucheuil et Tôtes). Ce sont les mêmes qui réclament un contournement est, et le péage indispensable qui irait avec d’après les études de faisabilité…

Dans leur démonstration, ils développent uniquement les aspects économiques et passent sous silence le volet environnemental, et notamment l’impact sanitaire de la circulation des camions en coeur d’agglomération. Alors parlons-en justement :

Une récente étude européenne, dénommée APHEKOM, a mis en évidence que la pollution de l’air était responsable d’une centaine de décès prématurés par an à Rouen. La circulation de camions et voitures est une des principales causes de la pollution de l’air en coeur d’agglomération.
En outre, Air Normand a démontré que, depuis l’accident du pont Mathilde, l’engorgement de la circulation, malgré la décision appropriée du Préfet de détourner les camions du centre-ville, a eu pour conséquence une élévation de 17 à 20 % de la pollution de l’air. On peut en déduire que l’impact sur la santé des riverains est accru d’autant.

Mais tout cela ne semble pas problématique aux acteurs économiques dont on parle… On peut encore y ajouter les camions, tant pis pour la santé des habitants et tant pis si les camions sont eux aussi bloqués dans les embouteillages…

Ces positions sont d’un autre âge ! On ne peut continuer à nous faire mener par ceux qui prétendent orienter les choix de notre agglomération au nom d’une « attractivité » en réalité réduite aux seuls intérêts étroits, de court terme, de la poignée d’entreprises qu’ils représentent, et cela au prix de notre environnement, de notre santé ou de notre sécurité et au prix de la dégradation durable de l’image de notre ville et de notre région, qui coûte en réalité bien plus cher à nos collectivités et nos habitants qu’il n’y paraît…

Pour les groupes d’élu-es EELV,

David CORMAND, Président du groupe EELV de la Région Haute-Normandie,
Cyrille MOREAU, Président du groupe EELV de la CREA ;
Françoise Jean-Michel LESCONNEC & BEREGOVOY, Co-présidents du groupe EELV de la Ville de Rouen

La lettre de Mme Bérégovoy au Préfet de Haute-Normandie

La lettre de Véronique Bérégovoy, vice-présidente à l’environnement de la Région, adressée ce jour au Préfet de Haute-Normandie sur la catastrophe industrielle survenue sur le site de Lubrizol – Rouen :

ROUEN, le 22 Janvier 2013

 » Monsieur le Préfet,

En tant que Vice-présidente à l’environnement de la Région Haute-Normandie, j’ai eu la charge de co-piloter l’élaboration du Plan Régional de la Qualité de l’Air (PRQA) et plus récemment avec vos services le Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) en cours d’enquête publique.

A ce titre, confrontée à ce que vous qualifiez « d’incident » survenu sur le site de l’usine Lubrizol dans l’agglomération rouennaise, j’ai essayé d’obtenir des informations pour apprécier la nature du risque concernant cet accident.

Force et de constater qu’il m’a été difficile d’obtenir une information claire et précise et que les quelques éléments portés à ma connaissance ont rapidement été remis en cause par l’évolution des évènements.

J’en conclu que nos concitoyens et en particulier les habitants de la CREA ont du se trouver fort démunis face à cette situation. Cela souligne la défaillance des pouvoirs publics en matière d’information et de transparence sur un accident industriel.

D’ailleurs, je me permets de porter à votre attention que le Mercaptan n’est pas aussi inoffensif que les communiqués de la Préfecture ont bien voulu laisser entendre. En effet, par la voix de votre Directrice de cabinet, vous communiquez sur le fait qu’il n’y a aucun danger et que le niveau de pollution mesuré est très inférieur au seuil d’alerte de 100 ppm. Alors que dans le même temps vous précisez que les niveaux de gaz mesurés en sortie de cheminée sont déjà à 80 ppm ce qui vient contredire vos déclarations rassurantes.

J’en suis d’autant plus inquiète que la fiche toxicologique du Mercaptan précise qu’il est toxique par inhalation. En outre, même lorsque celui-ci est présent en deçà des seuils d’alerte, il est particulièrement incommodant pour les personnes les plus sensibles et notamment celles souffrant d’affections respiratoires et cutanées chroniques. N’oublions pas non plus que notre société compte de plus en plus de personnes ayant développé une ultra-sensibilité à l’exposition aux produits chimiques.

Aussi, Monsieur le Préfet, ce n’est pas parce que le danger n’est pas mortel qu’il ne faut pas prendre de précautions: le Ministère de l’Intérieur aurait dû appeler à la vigilance et demander aux riverains et aux personnes sensibles de rester confinées chez elles pour ne pas saturer les pompiers d’appels – à juste titre – anxieux.

Par conséquent, je vous demande solennellement de bien vouloir en toute transparence informer l’ensemble des pouvoirs publics et habitants des communes exposées à cette fuite de gaz.
Nous sommes en droit de connaitre le déroulé exact de cet accident, son origine, sa nature, les risques auxquels la population est exposée, les mesures qui seront prises pour que cela ne se reproduise pas.

Dans l’attente de votre réponse,

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Préfet, mes salutations respectueuses.

Véronique BEREGOVOY »

LUBRIZOL : USINE A RISQUE EN PLEIN CŒUR DE VILLE !

[Communiqué des élu-es EELV CREA, ville de Rouen, Région Haute-normandie]

Catastrophe industrielle

Le 21 janvier 2013, à partir de 8h du matin, une fuite de mercaptan sur le site de Lubrizol a eu comme conséquence de répandre une odeur extrêmement désagréable, provoquant de nombreux maux de tête et des gênes respiratoires auprès des populations du département, allant même jusqu’à Paris.
D’après Paris-Normandie, la préfecture aurait communiqué l’information hier à 12h54, alors même que l’entreprise Lubrizol a choisi de communiquer à minima.

Les écologistes Haut-normands dénoncent cette situation surréaliste en matière de gestion des risques industriels sur notre territoire.

Le droit à l’information !

L’entreprise, la préfecture de Seine-Maritime et le ministère de l’Intérieur ont répété que ce dégagement était « non toxique » et que d’ailleurs on se situait en-dessous des normes… des normes de toxicité ? Est-ce aussi parce que ce n’est pas toxique que le match Rouen-Marseille est annulé ce soir ?

Ce nouvel accident industriel fait encore une fois la preuve que la désinformation officielle est bien au cœur du problème. Beaucoup ont appris cet accident et ses conséquences par les réseaux sociaux et le bouche à oreille. D’une manière générale, qui serait vraiment capable dans la population de préciser les risques auxquels nous sommes exposés, où obtenir l’information et quelle attitude adopter en cas d’accident majeur ? Ce qui provoque angoisse, rumeur et désorganisation : les services d’urgence ont été rendus inopérationnels car saturés d’appels et des consignes contradictoires ont été données par différents organismes.

Nous écologistes, demandons que soient systématiquement appliquées des procédures d’information établies et qu’à chaque crise soient faites des réponses claires pour mesurer la réalité du risque : pourquoi la fuite n’a pas été maitrisée avant émanation ? De quel gaz précis s’agit-il ? Quelles concentrations ont été mesurées par rapport aux normes concernées ? « Les habitants de l’agglomération doivent légitimement être informés, en toute transparence, des conséquences d’une fuite de gaz, qui se propage sur l’ensemble de l’agglomération en quelques heures, et qui atteint rapidement Paris et sa région. » revendique Pascal Magoarou, Vice-Président écologiste à l’environnement à la CREA.

Le droit à la sécurité !

Cette nouvelle fuite relance le débat de la gestion des risques industriels au travers des PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) et de leur compatibilité avec le nécessaire développement urbain. Notre territoire est emblématique du modèle de développement économique basé sur les énergies fossiles et l’industrie chimique qui fait peser dans nos villes une menace permanente sur les habitants.

« On ne peut négliger l’extrême fragilité des sites industriels en zone urbaine, où un accident peut survenir à tout moment. Quelle est l’efficacité des plans de prévention des risques technologiques ? » interroge Jean-Michel Bérégovoy, Co-président du groupe EELV à la ville de Rouen. « On a dénoncé, lors de l’élaboration du PPRT Lubrizol en avril 2010, la séparation du PPRT en 2 zones qui ne nous semblait pas pertinente. La délibération proposée précisait d’ailleurs que la Ville n’avait pas connaissance de tous les éléments pour décider en toute connaissance de cause. Les mesures prises pour assurer la sécurité des personnes (expropriation et sécurisation) dans les entreprises à risque en fonctionnement ici et ailleurs (71 sites Seveso sur notre agglomération) sont insuffisantes. L’usine Lubrizol est, rappelons-le, située en limite de futur écoquartier Flaubert ! ».

Pourquoi en effet une telle surprotection des entreprises industrielles et portuaires ? Ce n’est en outre pas la première fuite de mercaptan chez Lubrizol. Comment est-il possible que ne soit pas remis en cause le privilège exorbitant d’un industriel qui a ainsi le « droit » de nuire à la qualité de vie et à la santé de millions d’habitants, probablement en toute impunité ? L’entreprise Lubrizol est au cœur d’enjeux économiques importants pour la zone rouennaise, où elle a choisi d’étendre ses activités industrielles au détriment du site d’Oudalle (près du Havre).

Responsabilité publique et application des PPRT

Au-delà de cet accident, il faut s’interroger sur une organisation qui autorise une telle concentration d’usines en zone urbaine dense, et réfléchir à la définition du risque acceptable.

Et, sujet directement lié, il faut aussi revenir sur les moyens à disposition des communes et des habitants pour se protéger quand le risque est là, de toute façon. Car la baisse des aides prévues dans le Grenelle, de 40% à 15%, fait reporter sur les seuls habitants la totalité de la responsabilité des risques industriels, en n’ayant d’autre choix que de prendre en charge les travaux nécessaires à leur protection.

Nous élu-es écologistes proposons, dans l’attente d’une disposition nationale obligeant les industriels à assumer leur responsabilités, de constituer un fond public d’aide aux résidents pour la réalisation des travaux prescrits dans le PPRT.

Les Président-es de groupe EELV de la Région, de la CREA, de la Ville de Rouen

David Cormand, Cyrille Moreau, Francoise Lesconnec et Jean-Michel Bérégovoy

Circulation : la CCI de Rouen en retard d’un siècle !

Dans un récent communiqué de presse la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Rouen a demandé que les poids lourds reviennent dans le centre de Rouen, sur les quais hauts, et que les voies réservées aux cyclistes et aux piétons soient rendues aux voitures !

A quand la réouverture aux voitures de la rue du Gros Horloge ?

Une vision aussi passéiste, qui fait fi des conséquences de la circulation en ville sur la santé (100 décès prématurés par an à Rouen dus à la mauvaise qualité de l’air, selon la récente étude européenne APHEKOM[1]) est consternante.

Heureusement, une grande partie de nos concitoyens sont beaucoup plus clairvoyants, tournés vers l’avenir en s’adaptant à la situation actuelle et en s’orientant d’eux-mêmes vers les modes de déplacements durables. Les effets de l’accident du pont Mathilde ne sont pas forcément ceux que certains attendaient : beaucoup plus d’utilisation des transports en commun, des parkings–relais P+R, beaucoup plus de covoiturage, beaucoup plus de vélos en ville, très peu de camions dans le centre ville.

Oui, mais la Fédération des transporteurs routiers, la CCI et d’autres opérateurs portuaires se plaignent du détour vers l’ouest que doivent faire les camions pour rejoindre le port et du surcoût selon eux insupportable qu’il génère. Dans le même temps, ils demandent un contournement Est qui sera emprunté, d’après les études réalisées, par des camions qui pour 80% d’entre eux se rendront dans le secteur portuaire, en faisant un détour beaucoup plus important vers l’est, avec un péage ! Comprenne qui pourra !

En tout cas, de nombreux habitants de notre agglomération ont déjà compris qu’une très grande part des problèmes de circulation peut se traiter rapidement et efficacement : renforcement des transports en commun pour lesquels beaucoup reste à faire, création de parking-relais, d’aires de covoiturage, détournement des camions par l’ouest et la rocade sud, création d’aménagements cyclables, etc. Des solutions depuis longtemps demandées par Europe Ecologie –Les Verts.

Pour le groupe des élus EELV de la CREA,

Pascal MAGOAROU,

Vice-président à l’environnement et à l’agriculture périurbaine 


 

[1]Voir sur www.aphekom.org (aller dans la rubrique Publication, avec  traductions françaises disponibles)

 

Le vélo, une des solutions remède à la crise de la mobilité dans notre agglomération !

Alors même que la situation est particulièrement alarmante dans l’agglomération, suite à l’accident sur le Pont Mathilde le 29 octobre dernier, et parce qu’il est possible de vivre mieux, respirer mieux, bouger mieux dans notre agglomération, des solutions alternatives doivent être pensées le plus vite possible, le plus largement possible, avec le plus d’imagination possible.

Le vélo, rouage clé de la mobilité citadine, a toute sa place et un rôle important à jouer dans la réorganisation des déplacements d’agglomération, il doit être favorisé dans la ville-centre et ses communes proches, au travers d’actions concrètes et rapides :

Il faut accélérer le développement des aménagements cyclables : en priorité en cœur d’agglomération, la ville de Rouen doit très vite approuver et mettre en œuvre son Schéma Directeur d’Aménagements Cyclables (SDAC) terminé depuis plus de 6 mois ; en outre la gare de Rouen doit constituer un point de déplacements vélo facilité grâce à des circulations en double sens cyclable permettant d’y aller et venir aisément en deux-roues ; enfin les liaisons avec les plateaux nord, est et ouest doivent être rapidement aménagées pour permettre l’usage du vélo en toute sécurité.

– En centre ville de Rouen, les vélos doivent pouvoir emprunter la plateforme TEOR, comme ils peuvent emprunter la voie réservée aux bus de la ligne 7. Le risque lié au guidage optique de TEOR au niveau des arrêts n’est pas recevable, car TEOR circule avec le même guidage optique sur des voies ouvertes à tous, comme par exemple route de Darnétal.

Il faut promouvoir l’intermodalité entre bus, TEOR et métro, mais aussi promouvoir l’usage du vélo combiné à son mode de transport en commun pour se rendre à l’école ou au travail, grâce notamment aux 7 parcs vélos gratuits de la CREA mis en place en 2009 à Mont Saint Aignan, Petit Quevilly, Grand Quevilly, Bihorel, Bonsecours, Déville et Darnétal, ainsi qu’à celui de Rouen place du Boulingrin récemment réalisé.

La mise à disposition de vélos par les collectivités doit être renforcée : accès aux Cycli’c de la Ville de Rouen, aux Vélo’R de la CREA (vélos classiques, à assistance électrique et pliants). Les vélos pliants, autorisés dans les transports en commun, sont une véritable solution d’intermodalité. Il faut aussi rappeler que les personnes abonnées aux transports en commun de TCAR, TAE, SNCF, bénéficient du tarif réduit pour la location de tous les types de vélos Vélo’R[1].

Le dispositif d’aides à l’achat de vélos électriques ou pliants attribuées par la CREA doit être mieux connu et continuer à permettre à ses habitants de changer de mode de déplacements.

– Il faut encourager les administrations et les entreprises qui ont des vélos de service pour leur personnel, à permettre à leurs agents de les utiliser également pour les trajets domicile-travail.

 

Pour le groupe des élus EELV de la CREA

Pascal MAGOAROU,

Vice-président à l’environnement et à l’agriculture périurbaine

 [1] Plus d’infos : http://www.la-crea.fr/velo-r-de-la-crea.html

Accident du Pont Mathilde à Rouen : cap vers les transports collectifs

Chacun aura été frappé par la violence de l’accident survenu lundi 29 octobre entre deux poids lourds sur le pont Mathilde. On peut seulement se féliciter que la catastrophe n’ait fait qu’un blessé léger et toutes nos pensées vont aux cinq familles de forains qui ont perdu leurs caravanes.

Le Préfet et le Maire de Rouen ont présenté aujourd’hui le nouveau plan de circulation à l’échelle de l’ensemble de la région rouennaise, suite à la fermeture du pont Mathilde, à savoir :

– La déviation des camions par l’ouest (A29 – A151 – A150), avec l’interdiction d’emprunter l’A28 à partir de l’échangeur du Pucheuil ;

– La nécessaire diminution du nombre de véhicule entrant dans Rouen et sa proche périphérie, les autres ponts ne pouvant pas absorber le trafic du pont Mathilde ;

– Et la priorité donné aux transports en commun, notamment par des aménagements sur les carrefours « clefs », (tel celui du bas de la rue Jeanne d’Arc).

Ces dispositions reprennent les propositions formulées par les écologistes depuis des années pour interdire la circulation des poids-lourds en centre-ville sans contournement Est. Nous regrettons seulement que ce soit l’accident du pont Mathilde qui ait déclenché ses décisions.

Cependant, la question de la circulation des poids lourds et au-delà des véhicules individuels ne peut être réglée par un simple changement du plan de circulation, c’est l’ensemble des logiques de déplacement et de transport qu’il faut revoir.

Pour le transport de marchandises, les élu-es écologistes défendent au sein de leurs collectivités le développement du ferroviaire et du fluvial en tant qu’alternatives à la route. Cela passe par le développement des infrastructures, réseaux, plateformes multimodales, gare de triage de Sotteville. Mais il est également nécessaire de revoir notre approche des zones logistiques, trop souvent situées en cœur de tissu urbain et desservies uniquement par la route. Le principe de la multi-modalité des zones logistiques doit être généralisé. Ces zones doivent être desservies, en plus de la route, au minimum par le ferroviaire ou le fluvial, au mieux par les deux. Il est aussi nécessaire de relocaliser ces zones en périphérie urbaine, en priorité sur les friches industrielles.

Concernant les déplacements de véhicules individuels, la fermeture du pont Mathilde va rendre particulièrement difficile la circulation automobile. On peut se féliciter que la CREA vienne de renforcer la capacité du Métro et la ligne 7 qui pourront accueillir une partie de ces naufragés de la route. Cependant cet accident est révélateur de la dépendance de notre territoire au mode routier et de l’urgence à développer une alternative crédible et performante.

Pour atteindre cet objectif, il faudra :

– développer plusieurs lignes à forte capacité, dites « TCSP » (transport en commun en site propre), a minima deux « Est-Ouest » et une « Nord-Sud » ;

– renforcer la fréquence et l’amplitude horaire des bus ;

– créer environ 5.000 places de parkings P+R aux entrées d’agglomération ;

– réaliser deux tram-train à l’Est et l’Ouest de l’agglomération pour les liaisons inter urbaines (Elbeuf-Barentin) ; – réouvrir la ligne ferroviaire « Rouen-Evreux » ;

– et développer l’offre de navettes rapides, le transport à la demande et le covoiturage pour les territoires périurbains.

L’ensemble de ces mesures devraient permettre à notre agglomération de faire face à ses besoins de mobilité et de poursuivre son développement économique sans devoir en permanence, sous la menace d’une catastrophe routière telle que notre agglomération vient de la vivre, tout en préservant les finances publiques et l’environnement.

David Cormand, Président du groupe EELV Région Haute-Normandie ;

Cyrille Moreau, Président du groupe EELV CREA ;

Françoise Lesconnec et Jean-Michel Bérégovoy, Co-Présidents du groupe EELV Rouen.

Conseil de CREA du 15 octobre 2012 : notre intervention sur le rapport annuel 2011 sur l’eau

[Eau et Assainissement – Délibération n° 33 – Rapport du Président sur le prix et la qualité des services d’eau et d’assainissement / Rapports annuels des délégataires Exercice 2011]

Comme chaque année, le groupe est intervenu sur le Rapport annuel sur le prix et la qualité du service public (RPQS) de l’eau potable. Il avait demandé l’année dernière de faire un effort particulier en matière de présentation des pollutions survenues au cours de l’année, pour qu’un citoyen à la recherche de l’information puisse la trouvé sans avoir à parcourir les centaines de pages du rapport.

Cette année, on trouver dans les « fait marquants » (p.8) une part des éléments d’information sur les problèmes de pollution sur notre territoire. Cependant, cette information n’est pas encore suffisante pour que l’on puisse considérer que nos concitoyens sont pleinement informés : il faudrait indiquer les problèmes de pollution, leur intensité, la nature du polluant, les origines pressenties, les impacts potentiels sur l’homme et l’environnement, les actions entreprises pour rétablir l’eau potable et résorber l’origine de la pollution.

Dans le rapport, plusieurs informations manquent. Ainsi pour connaître le détail des dépassements des normes, il faut encore aller rechercher l’information dans le document (p. 33, 60 et 119) et dans les fiches détaillées en annexe. L’information existe mais ça n’est pas pratique. Par contre, il n’y a aucune information sur l’origine des pollutions, les risques éventuels pour la santé et l’environnement et les mesures prises pour y remédier. C’est particulièrement regrettable que nos concitoyens ne disposent pas d’un moyen simple d’accéder à ces informations essentielles. J’en veux pour exemple la dramatique pollution à la N-Nitrosomorpholine survenue sur le territoire de Bolbec dont on ne connaît toujours pas tous les tenants et aboutissants.

Souvenez vous cet été, on apprenait avec stupeur que le captage de Bolbec était condamné, privant d’un seul coup plus de 20.000 personnes d’eau potable. L’activité de l’entreprise ORIL filiale du groupe Servier a été mise en avant mais à ce jour aucune information n’a été faite sur la durée de la pollution, les risques auxquels ont été exposés les habitants de Bolbec et ce qui va être fait pour y remédier.

C’est d’autant plus regrettable que l’affaire est loin d’être terminée. En effet, des analyses géologiques ont montré qu’il existe des failles permettant la circulation des eaux entre les captages. Ainsi, il est apparu que la pollution s’était d’ores et déjà diffusée au captage d’Yport qui alimente le bassin du Havre. Le niveau de pollution actuel est de 62 µg/L, inférieur au seuil d’alerte de 100 µg/L. Mais rappelons tout de même qu’en Allemagne le seuil est à 20 µg/L et qu’en Californie il est de 10 µg/L !

Et comme visiblement rien n’est entrepris pour supprimer la pollution présente sur le captage de Bolbec (près de 1.000 µg/L), il n’est d’ailleurs pas certain que l’on puisse faire quoique ce soit, et comme l’eau circule entre les différents captages, rien ne nous garantit qu’avec le temps le niveau de pollution des captages havrais ne va pas monter jusqu’à dépasser les seuils d’alerte et finir par priver plus de 200.000 habitants d’eau potable.

C’est pour ces raisons, chers collègues, que nous tenons tant à ce que la plus grande transparence soit faite sur les problèmes de pollution d’eau potable soit fait car, à partir d’un simple incident, on peut rapidement se retrouver avec une grave crise sanitaire touchant des centaines de milliers de personnes !

C’est aussi pour cette raison que nous sommes hostiles à l’implantation d’une carrière à Bardourville au dessus de l’unique captage alimentant la boucle de la Seine.

Nous demandons que pour l’année prochaine, nous progressions encore dans notre présentation du RPQS eau et que l’on y fasse figurer les éléments manquants : d’où viennent les pollutions, quels sont les risques pour l’homme et l’environnement et qu’est-ce que les pouvoirs publics ont prévu d’entreprendre pour la résorber ?

Cyrille Moreau, Prséident du groupe des élu-es EELV de la CREA